28.04.2008
Idéologie ou pragmatisme?
Whaou! Le résumé de mon mémoire de Master a été publié dans la Revue Internationale et Stratégique de l'IRIS.
Voici le résumé:
La stratégie politique iranienne a voulu se présenter comme une rupture politique, à vocation panislamique. Portée par l'Ayatollah Khomeyni, cette philosophie politique vît ses effets escomptés avec le retour de politiques plus modérées. Sa mort confronta la République islamique à un choix : Hachémi Rasfandjani, remettra l'Iran dans le jeu international en conciliant pragmatisme et valeurs idéologiques. En 2005, M. Ahmadinejad arrive au pouvoir. Ses déclarations sur l'État hébreu, et sa position sur le nucléaire, amènent à se demander si l'Iran ne revient pas à une politique d'exportation de la révolution. Il est important de placer ces éléments dans le contexte historique de la République islamique afin de mieux cerner si la politique étrangère de l'Iran reprend une tournure idéologique ou reste sur une voie pragmatique.
22:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, iris, ahmadinejad, moyen orient
09.01.2008
Faut-il avoir peur de l'Islam?
Au mois d’octobre dernier, j’ai écris un article pour un magazine israélien francophone. Compte tenu de quelques modifications internes au niveau de la rédaction, le journal devait sortir début janvier. Venant d’être informé que je ne serai publié qu’en avril suite à je ne sais quelle véritable raison, j’ai préféré diffuser l’article directement sur mon blog. Le sujet demandé était : « Iran, Irak, Maghreb, faut-il avoir peur de l’Islam ? » (comment ça « cliché » ?). L’article ne devait pas dépasser les 700 mots. J’invite les lecteurs à me faire part de leurs commentaires.
Depuis le 11 septembre, nombreux spécialistes, journalistes et observateurs étrangers essayent de comprendre et définir si l’Islam, dans sa globalité, constitue au final une menace à l’encontre de l’occident et de ses institutions en général. Ce débat avait déjà pris une certaine ampleur bien avant l’effondrement des Tours Jumelles, notamment avec la polémique qu’avait suscitée la thèse de Samuel Huntington sur le conflit des civilisations. La boite de Pandore ouverte en Irak depuis l’intervention militaire américaine amène aujourd’hui cette question à son paroxysme. La chute de Saddam Hussein a donné naissance à une confrontation armée entre diverses milices qui toutes se réclament d’avoir comme mission la ré-instauration de l’Islam. L’Iran, régime islamique à obédience chiite, est aujourd’hui accusé de prosélytisme et d’ingérence en Irak ainsi que dans le reste de la région tout en étant au cœur d’une des principales crises balistiques contemporaines.
Les pays du Maghreb traversent une véritable islamisation par le bas des sociétés qui peut se traduire par la montée en puissance de partis politiques religieux qui gagnent des points à chaque fois que le peuple exprime son opinion par le vote[1]. Comme le dit Kader Abderrahim, journaliste et chercheur associé à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques : «Si demain, des élections démocratiques sont organisées au sein de tous les pays arabes, les partis islamiques obtiennent le pouvoir[2]». En dehors de la voie démocratique, des groupes minoritaires, se réclamant le plus souvent d’Al-Qaida[3] tentent d’imposer par la force une autre interprétation de l’Islam, à savoir l’effondrement des états-nations pour la restauration d’un califat conforme aux lois de la charia.
Dans le cadre d’un village global, l’Occident subit de plein fouet le retour de la religion dans ses débats contemporains. Cela s’explique par la forte influence des communautés musulmanes européennes, notamment en France et en Angleterre, mais aussi à travers les événements récents qui ont suscité tant de polémiques autour des caricatures de Mahomet. La fatwa iranienne lancée contre Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques, en 1989 posait déjà de sérieuses questions sur le rapport entre Islam et liberté mais les menaces d’attentats envers des entreprises suédoises en raison d’une énième caricature du Prophète amène la communauté européenne à reconsidérer son modèle de liberté d’expression. «Le blasphème a été légalisé lors de la Révolution Française, fondatrice de notre identité. Critiquer la religion, n’importe quelle religion, est une liberté fondamentale reconnue par la loi», rappelle Elizabeth Schemla[4], journaliste spécialiste du conflit israélo-palestinien. Difficile d’ailleurs de comprendre l’ampleur des protestations pour une affaire de dessins tendancieux alors que les massacres interconfessionnels en Irak ne suscitent que très peu de réactions. «Il est ardu de dire ce qui est le plus préoccupant : les meurtres barbares à caractère religieux perpétrés par des sunnites et des chiites en Irak, ou le silence assourdissant dans lequel ces massacres sont accueillis dans le monde musulman», note l’éditorialiste américain Thomas Friedman[5].
Cette remarque ramène à la complexité inhérente à la religion musulmane. Au-delà du clivage chiisme – sunnisme, il existe de multiple interprétations du Coran qui s’expriment par la multitude de factions religieuses, qu’elle soit politique, sociale ou militaire. Cette diversité tourne parfois à la confrontation directe comme le montre l’exemple irakien aujourd’hui. Cela amène les théologiens à parler de la Fitna, la guerre au sein de la nation musulmane qui entraînerait l’effondrement de l’Oumma, la communauté des croyants. Hassan Nasrallah a lui même fait part de cette crainte au journaliste d’investigation Seymour Hersh dans la cadre d’un entretien[6].
Il subsiste malheureusement une vison commune à l’Islam dans sa vocation politique en dépit des divergences d’interprétation religieuse. Celle-ci réside dans la non reconnaissance d’Israël comme nation. L’état hébreux vu la proximité de ses frontières, ne peut pour le moment concevoir l’Islam comme un partenaire pour la paix. Il est menacé au nord par la milice chiite libanaise Hezbollah, et au sud par le mouvement sunnite Hamas. Mouvement qui n’a pas hésité à mettre de côté les clivages idéologiques afin d’obtenir le soutien logistique et financier d’un Téhéran chiite. Depuis l’avènement de la République Islamique d’Iran, un des premiers mots d’ordre du régime a été de «libérer Jérusalem du joug sioniste». La géopolitique islamique divise le monde en deux catégories, le Dar al-islam (domaine de l’Islam) et le Dar al-harb, domaine ou les lois islamiques ne sont pas appliqués. La Palestine, symbole des croisades et du mythe de Saladin, réside dans le domaine de l’Islam et il est encore inconcevable d’accepter la légitimité d’une autre nation.
Cette vision ramène à une notion spécifique de l’Islam : l’Oumma Islamiyah, qui consiste à s’affranchir des frontières étatiques afin de regrouper tous les musulmans du monde dans un seul et même califat. Khomeyni était partisan de ce modèle d’une nation unique et voulait à tout prix exporter sa révolution au-delà des frontières iraniennes. Mais le Royaume Saoud, garant de la communauté sunnite et protecteur des lieux saints ne pouvait laisser un régime chiite prétendre redonner au Dar al-Islam son rayonnement originel. L’invasion des troupes soviétiques en Afghanistan offrit à Riad l’opportunité de reprendre le flambeau de l’islamisme contemporain et la guerre déclenchée par Saddam Hussein dans les années 80 fédéra l’ensemble des Etats sunnites contre le souffle déstabilisateur de Téhéran.Ces éléments vont toutefois avoir un impact profond dans la région. En juin 1967, la défaite de trois armées arabes face à Israël avait pu mettre un coup final au nationalisme nassérien soutenu par l’Union Soviétique. Le cri révolutionnaire iranien de «Ni est, ni ouest, Révolution Islamique» proposera une alternative face à ce traumatisme. «On ne comprendra pas le fait que l’islamisme, dans ces différentes dynamiques, rafle la mise de la contestation sociale à partir des années 70», explique l’historien philosophe Mohammed Taleb. « Le mouvement arabe de libération nationale a abouti à un échec, cristallisé par 1967 lorsque l’armée israélienne occupe le reste de la Palestine qu’elle n’avait pas occupée en 48. Et ce fait là va être terrible dans la conscience»[7]. Aujourd’hui, pour la rue arabe et sunnite, le Hezbollah est la seule «armée» à avoir tenu tête à Tsahal, ce qui joue en faveur du retour de l’Islam comme option politique.
Pour Mahdi Jahandar, Imam et théologien chiite, la majorité des Partis religieux, sans le dire ouvertement, s’inspire du modèle théocratique iranien dans le sens où le régime des Mollahs reste toujours insoumis à la pression de Washington. «C’est le premier reproche lancé à l’Occident», affirme-t-il. «Les mouvements musulmans veulent faire tomber les dictatures qui les gouvernent et accusent l’occident de fermer les yeux sur la nature de ces régimes».
La mort de Khomeyni, le bilan d’une guerre de huit ans avec l’Irak ainsi que l’isolement international ont entraîné les Mollahs à faire un choix entre l’intérêt national et la préservation de leur idéologie. Vingt-sept ans après la Révolution islamique, l’Iran présente une autre notion de l’Islam appuyée sur le nationalisme iranien et plus ancrée dans la tradition chiite à travers le mahdisme, l’attente de l’Imam occulté. Le chiisme possède un caractère messianique en considérant que le douzième imam reviendra sur terre lorsque le chaos régnera afin de mettre fin à la dictature des puissants. Ce retour est considéré comme la fin de l’Histoire et le triomphe de Dieu dans le destin des hommes. Le culte ardent que voue le président iranien actuel au Mahdi ne manque de défrayer la chronique. Nombreux observateurs estiment qu’Ahmadinejad ne craint pas la confrontation avec l’Occident car celle-ci ne ferait qu’accélérer le retour du Guide disparu.
Zeev Magen, spécialiste de l’Iran et de la culture perse à l’Université Bar-Ilan de Tel-Aviv, ne croit pourtant pas à cette vision apocalyptique de l’Iran. Il est vrai qu’Ahmadinejad est un mystique, mais il ne contrôle -et ne contrôlera- pas, le pays. Le système iranien est tel que le président reste le numéro 5 du régime, et ne possède pas l’accès aux décisions stratégiques. «Il n’y a aucun doute en revanche sur la volonté des dirigeants iraniens à détruire Israël, puisqu’ils ne reconnaissent pas sa légitimité», affirme Magen. Il cite en exemple une lettre écrite par l’Ayatollah Khamenei –l’actuel Guide suprême- à Hassan Nasrallah où il est dit qu’en Israël, les juifs ne respectent pas le shabbat, que les femmes portent des tenues provocantes et que par conséquent, une société comme celle-ci court à sa perte. «C’est intéressant car il est écrit la même chose dans le Coran», ajoute-t-il. Pour Mahdi Jahandar, il existe effectivement des références similaires envers le «Peuple élu» dans le livre saint musulman. «Il est dit que les juifs n’ont pu obtenir la terre promise car ils n’ont pas respecté leur promesse envers Dieu. Cet argument est toujours mis en avant pour délégitimer Israël».
La République Islamique a toutefois bien évolué depuis sa création. A l’heure où les régimes arabes font face à une forte demande de leur population à plus de religion, les iraniens ont peut-être fait le bilan de l’Islam politique pour le dépasser. Comme l’explique la sociologue Azadeh Kian-Thiébaut, les femmes iraniennes rejettent le port du voile au mépris des lois islamiques en vigueur, alors que leurs consœurs marocaines, égyptiennes ou encore européennes se voilent[8]. Avant d’être religieuse, la Révolution était avant tout nationale. «Tout en gardant l’idiome islamique, la priorité iranienne d’aujourd’hui réside avant tout dans les intérêts nationaux. Ceux-ci peuvent correspondre aux intérêts occidentaux, voir même israélien», explique Mahdi Jahandar. «Seule l’identité nationale peut aider à la réconciliation avec l’état hébreux», conclut-il. En clair, c’est la primauté de la nation sur le religieux qui peut être un partenaire pour la paix. Hossein Derakhshan's, journaliste et blogger iranien, maintient que les iraniens n’oublient pas le rôle d’Israël dans la vente d’armes à Téhéran lors de l’affaire des Contras. «Ce qui est, bien sûr, en faveur d’Israël[9]».
Faut-il donc avoir peur de l’Islam ? Il est clair que l’instauration d’un califat universel au profit d’une seul Oumma religieuse ne peut correspondre à la réalité géopolitique occidentale. La primauté du religieux sur le politique reste un risque de déstabilisation. Cependant un Islam politique intégré dans la notion d’Etat et acceptant les règles du pragmatisme pour préserver l’intérêt national peut à l’inverse emmener à un «dialogue des civilisations». Termes employés par l’ancien président iranien, Mohammed Khatami, religieux et descendant du Prophète, qui alla même jusqu’à plaider pour la non ingérence de son pays sur le conflit israélo-palestinien. Pour le moment, l’heure n’est pas encore au dialogue. «Nous traversons actuellement une longue période de crise, peut-être même l’approche d’un autre conflit militaire» estime Mahdi Jahandar. «Mais cela reste une transition. Je pense que la prochaine étape sera la paix, du moins je l’espère[10]».
17:40 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Islam, Iran, Irak, Maghreb, Israël, Khomeyni, Imam
18.08.2007
Eye of the tiger
Ce texte est une suite à un post écrit le 24 février 2007 intitulé «La barque n’avance qu’en ramant».
Le 15 juillet dernier, à la veille de soutenir mon mémoire. Je m’imaginais déjà écrire un fabuleux post complètement mégalomaniaque relatant en détail et de façon très romancée la manière dont «j’ai pu me relever de mes épreuves et finir d’écrire ce mémoire en dépit des coups durs, des problèmes financiers et du nombre d’heures passées à servir des cappuccinos frappés».
Le 16 juillet dernier, le résultat dépassa largement mes espérances puisque j’ai obtenu la note de 17 sur 20, avec la mention «Très Bien». C’était encore plus beau que j’imaginais : il y a quelques mois encore, j’étais à 2000 euros de découvert, croulant de dettes, mes projets étaient à l’eau et je n’avais plus d’autre choix que de travailler à plein temps comme garçon de café. Aujourd’hui, j’ai non seulement réglé mes dettes, j’ai de l’argent de côté et surtout j’ai réussi à obtenir mon diplôme la tête haute (avant de vous entendre poser la question, je préfère répondre: « oui, je sers encore des cafés »). N’empêche qu’il m’en fallait de peu ce jour là pour voir débarquer Apollo Creed et l’entendre dire : « You see man, I told you ! Eye of the tiger man ! »
Après ma soutenance, j’ai eu deux réactions. Sur le coup, j’ai voulu tenir au courant tous mes proches et l’équipe SFR a rapidement compris que je célébrais un heureux événement (je les imagine déjà dans leurs bureaux taper des mains et chanter en chœur : «Il est revenu ! Il est revenu !»). J’ai déambulé dans les rues parisiennes des heures durant avec mon plus beau sourire. Puis le soir venu, pris d’un coup de fatigue assez phénoménal, j’ai préféré fêter cette victoire tout seul chez moi en regardant l’île de la tentation (au passage, ils en tiennent tous une sacrée couche cette année) plutôt que de sortir faire la tournée des bars. J’étais vraiment heureux ce soir là, mais je ne me sentais pas encore prêt à l’exprimer pleinement ni à en parler sur ce blog. J’ai contenu tellement de choses ces six derniers mois qu’il m’était impossible de tourner la page aussi rapidement. Surtout que tout s’est joué au sein d’une petite demi-heure de soutenance. Je dois aussi reconnaître qu’il est plus facile d’écrire quand ça va mal que l’inverse…
Je suis arrivé à Paris en octobre 2005 afin de valider un Master 2 en Relations Internationales à l’IRIS – Institut de Relations Internationales et Stratégiques-. Je devais obtenir le diplôme en moins d’un an, je l’ai eu en deux ans. Je m’étais lancé sur tellement de fronts différents que j’avais oublié l’essence même de mon principal objectif. J’ai fait un peu tout et n’importe quoi ces deux dernières années : J’ai bien sûr servi des tas de cafés, mais j’ai également été prospecteur commercial pour des banques, RP événementiel pour les soirées parisiennes, «chef de projet» sur une étude au Kazakhstan, Président de l’association étudiante, stagiaire au service communication de l’IRIS, journaliste en Israël…
Alors bien sur, toutes ces activités, ça crée des beaux souvenirs, et ça contribue aussi à des moments inoubliables. Mais je comprends aujourd’hui le manque de cohérence qui caractérisait ma première année à Paris. J’ai voulu aller trop vite, j’ai joué au dessus de mes moyens. Un moment ou un autre, je devais en payer le prix.
Ce mémoire représente donc une véritable revanche personnelle qui va bien au delà des six derniers mois. C’est une victoire qui met un terme à tout ce que j’ai entrepris ces deux dernières années. La page des études est finalement tournée et il est temps aujourd’hui de s’ouvrir à un nouveau chapitre. Il reste toutefois quelques points importants que je dois mettre à plat.
Le Kazakhstan
Que dire sur le Kazakhstan ? Mes sentiments sont contradictoires envers ce pays. Il représente à la fois une grande expérience humaine mais demeure en même temps une source de problèmes, de déceptions, voir d’échec. J’imagine bien que vu de l’extérieur, cela peut sembler ridicule d’attacher autant d’importance à ce qui reste au final qu’un simple problème d’argent. Moi même parfois, je trouve ça assez dingue d’avoir réagi de cette manière alors que j’écris régulièrement sur une région où la mort est omniprésente, du genre : «c’est bien malheureux ce qui se passe là-bas, mais surtout qu’on ne touche pas à mon argent !».Mais sur le coup, le souci était ailleurs. Ma déception a été à la hauteur de l’énergie que j’avais investie dans ce projet, et j’ai eu ce sentiment insupportable d’avoir échoué. Ce simple «problème d’argent» représentait l’aboutissement d’une série de coups durs amorcée depuis mon arrivée à Paris. Sur le moment, je me suis senti diminué, je me suis senti… un looser et l’idée de mettre de la chantilly sur les Moccacinos ne m’a pas vraiment remonté le moral.
Puis le temps est passé, j’ai repris mon mémoire et je me suis même mis au footing à cinq heure du matin (l’œil du tigre !). On se rend compte d’ailleurs que «la France qui se lève tôt» n’est pas celle que l’on croit. Des amis ont fait leurs apparitions (petit clin d’œil à MissWorldwide), d’autres ont disparu. La café m’a permis de payer les factures et de me remettre à jour. Ce n’est pas mon premier «petit boulot», mais il est bon parfois de se rappeler qu’il n’y a pas de sots métiers. Finalement, cette expérience était on ne peut plus positive, car ce n’était pas qu’un simple souci monétaire, c’était également un gros problème d’ego. Je pense que j’avais besoin d’une bonne «claque», j’avais besoin… d’humilité. Il faut bien l’avouer, quand on crée un blog qui se nomme JustBeMe, c’est qu’on porte en soi une sacrée mégalomanie ! Aujourd’hui, j’ai eu mon mémoire, je peux mettre au placard l’idée même d’être un looser.
Je ne suis pas parti seul au Kazakhstan. Mes relations avec l’équipe qui a entouré ce voyage sont quasi – inexistantes actuellement, mais elles restent compliquées. Je ne cache pas leur en avoir terriblement voulu ces six derniers mois, car nous sommes restés dans deux logiques différentes. Pour eux, chacun à contribué à sa manière au bon déroulement de l’étude. Pour moi, j’ai fait 75% du travail et en plus je me suis coltiné le sale boulot. Pour eux, ils ne m’ont jamais forcé à récolter de l’argent. Pour moi, personne ne serait parti sans mon travail. Pour eux, je n’ai pas été assez explicite et ils n’avaient pas compris la raison première de mon endettement. Pour moi, j’ai payé les pots cassés et ils ont préféré regarder ailleurs. Ils m’ont laissé tombé.
Je pense que les deux logiques sont valables et je reconnais avoir ma part de responsabilité dans ce qui ressemble aujourd’hui à un vaste gâchis. J’ai pêché à travers mon ego surdimensionné et eux ont refusé d’accepter l’ensemble de la réalité.Personne n’a voulu être mauvais dans cette histoire, mais le mal a été fait et c’est toute une série de malentendus et de «non-dits» qui ont contribué à laisser sur le projet une blessure profonde. Cela a été une erreur de leur en vouloir. Aucune personne de l’équipe n’a été responsable directement de ce qui m’est arrivé. Je dirai plutôt qu’ils m’ont laissé tomber «malgré eux», qu’ils ne s’en sont même pas rendus compte.
Malheureusement, il est impossible de revenir en arrière et je ne pourrai plus jamais revoir l’un d’entre eux sans penser à une période négative que je préfère laisser derrière moi. Ce sentiment a tristement été confirmé récemment.
La vie reste cependant pleine de surprise et j’ai pu voir apparaître des amis dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Laissons donc le temps au temps.
Le Crédit Lyonnais
Alors oui, j’en ai voulu au Crédit Lyonnais, et honnêtement je n’ai aucun regret là-dessus. Si j’avais pu envoyer une équipe de mercenaires kazakhs complètement défoncés au Crack dirigée par MC Jean Gab’1 afin de me faire rembourser, je n’aurai pas hésité. Malheureusement je n’avais pas d’argent… Plus sérieusement, il n’y a pas grand chose à dire. J’ai été victime de l’incompétence d’un couple de banquiers (Ludovic Metzer et Angélique Corona) qui ont été incapables de me téléphoner directement ou de me regarder en face pour m’expliquer qu’en raison de leur manque d’expérience, je vais être victime d’une arnaque financière. Aujourd’hui, je m’en suis sorti, la page est tournée et il n’y a rien a ajouter.
Si cela peut rassurer certains, je suis quand même passer à l’improviste dans le bureau de Ludovic Metzer afin de lui faire comprendre qu’il n’était qu’un minable, lui et sa copine. J’ai également ajouté qu’à ma place, il n’aurait même pas tenu deux jours et que son attitude a été lâche et honteuse. Il n’a pas su quoi répondre et je suis sorti de la banque en écoutant du 50 Cents et en enfilant ma paire de Ray Ban. C’est sûr, ça m’a fait du bien. Mais ça ne change rien à la situation. Je me suis fait avoir et ce qui est fait est fait.
L'Iran
Si je donne autant de détail sur mes aventures financières, c’est que je me dois aussi de donner quelques explications sur ce voyage tant attendu et sans cesse reporté, car au final, tout est lié.Après mon endettement, un de mes premiers objectifs a été de continuer mes projets connectés à ce blog et j’ai fait de ce voyage en Iran une de mes priorités. La seule directive imposée était de partir avec des rendez-vous déjà définis en vue de décrocher des entretiens clefs. Mon intermédiaire à l’ambassade devait m’accompagner dans cette visée. C’est là où ça a cloché, car j’ai effectivement obtenu mon visa assez rapidement grâce à ce contact, mais en revanche aucun rendez-vous concret n’était fourni.
Ma motivation en a pris un sacré coup. Partir en touriste en République Islamique alors que mes dettes n’étaient pas encore réglées au risque de revenir encore plus pauvre que lors de mon retour de Tel Aviv ne m’enchantait guère. De plus, on était en pleine affaire des marins britanniques et il fallait me voir devant mon écran de télévision le front plein de sueur en train de penser : «Bon mec, tu vas aller en Iran, ils vont voir que tu es allé chez leurs amis israéliens, tu vas être accusé d’espionnage et hop, un petit séjour forcé de deux ans à la prison d’Evin ! Résultat tu seras toujours sans argent, tu n’auras pas terminé ton mémoire, puis surtout, aucun moyen de rejouer le scénario de Prison Break, vu que l’Islam interdit les tatouages».Blague à part, étant encore en train de payer les pots cassés du Kazakhstan, je ne me sentais pas prêt à reprendre un tel risque. Surtout que cette fois, je n’avais plus aucune garantie derrière moi. Le projet tient toujours, il est seulement reporté. Pour la date, je ne sais pas encore.
Et après?
Mon mémoire s’intitule : «Stratégie politique iranienne : idéologie ou pragmatisme ? ». J’ai essayé de définir dans ce travail si la République Islamique sous Ahmadinejad sonnait le retour des premières heures révolutionnaires Khomeyniste ou si au contraire, l’Iran rentrait dans une configuration plus pragmatique. Téhéran a indéniablement été pris d’une fièvre révolutionnaire expansionniste après la chute du Chah. Mais la guerre de huit ans contre Saddam, la situation économique d’après-guerre, l’isolement international et la mort de Khomeyni ont forcé le régime des Mollahs à opter pour une logique plus réaliste, malgré le maintien de son idéologie.
A la fin de ma soutenance, mon directeur de recherche m’a demandé ce que j’avais prévu pour la suite. Je lui ai répondu que j’étais encore dans le flou car moi aussi j’ai été pris d’une fièvre révolutionnaire lorsque j’ai débuté ce Master, mais en vue de la situation économique d’après - Kazakhstan, j’ai du devenir plus pragmatique. Ma priorité est de trouver un travail plus épanouissant que ce que je fais actuellement. Pour cette raison, mes projets de voyages sont mis de côté.Aujourd’hui, j’ai une vision un peu plus claire concernant mon avenir. J’en parlerai le moment venu. Tout ce que je peux dire, c’est que j’arrête de servir les cafés au cours du mois d’octobre.
Voilà, les lecteurs ont compris que j’avais besoin de faire un dernier point avant de définitivement tourner la page, et comme prévu, j’ai écris quelque chose d’assez mégalo. Mais bon, je crois qu’il y a certains côtés de ma personnalité qui ne changent pas, et c’est sûrement mieux ainsi. Dans mon dernier post, «La barque n’avance qu’en ramant», j’avais écris que chaque plaie, une fois cicatrisée nous marque pour la vie. Aujourd’hui, je peux rajouter une chose : chaque cicatrice est une victoire.
22:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Kazakhstan, Iran, Apollo creed, l'oeil du tigre, Justbeme
08.05.2007
A Wigo CoffeeTime
Voici de nouvelles photos envoyées par notre correspondant iranien. D’après lui, une réforme récente se voulant plus conservatrice et plus dure sur le port du hidjab a fait son apparition depuis quelques temps en Iran et ne manque pas de susciter de vives réactions de la part d’une jeunesse qui observe cette nouvelle loi comme un retour en arrière. Les photos montrent les conséquences de cette réforme (c’est à dire diverses arrestations) et proviennent de l’IRNA, l’agence de presse iranienne. Juste une petite précision: Les femmes qui portent le Voile noir sont également des policiers.
Les Internautes ne se privent pas d’ailleurs de rappeler à Ahmadinejad qu’il a pu être élu sur des promesses de réformes économiques et sociales et non pas religieuses. Une vidéo circulant sur Youtube montre le paradoxe du discours tenu par le président iranien. On le voit sur un plateau télévisé avant les élections déclarant que les iraniens se soucient plus de la reprise économique et des inégalités sociales que de l’importance de la tenue vestimentaire. Juste après une caméra cachée montre la réalité d’Ahmadinejad avec une iranienne subissant une arrestation en raison de sa façon de porter le voile.
Enfin, je vous laisse avec un clip de rap (hé oui je sais encore une fois) réalisé en Iran et qui se veut très critique envers le port du Hidjab (La scène où une femme non voilée "passe à tabac" une femme policière est assez comique). Je trouve d’ailleurs le phénomène intéressant. Le rap des pays non occidentaux retournent aux sources (tout en s’imprégnant de la culture locale) du hip-hop américain, c’est à dire message de tolérance et d’unité tout en gardant une ligne extrêmement contestataire envers le système en place. A quand un clip de rap matérialiste Nord-Coréen ?
10:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Iran, réforme, Hejab
07.05.2007
Wigo
Mon voyage en Iran s’annonce plutôt mal. Cela fait un mois que je relance l’ambassade pour obtenir des entretiens pertinents en rapport à mon mémoire et cela fait un mois que l’ambassade me relance pour que je leur explique plus en détail le sujet de mon mémoire.
Je ne peux pas nier que l’ambassade iranienne m’a été d’une aide précieuse sur certains points, notamment dans l’attribution de mon visa, mais le fonctionnement interne reste encore un peu trop bureaucratique à mon goût. Mon visa expirant en juin, la pression se fait de plus en plus pesante…
Cependant le hasard (et sûrement ma manière de faire les expressos) m’a permis de rencontrer S.Kh alias Wigo, un étudiant iranien en informatique qui vit en France depuis quelques années, mais qui retourne régulièrement auprès de sa famille à Mashad., situé à l’est du pays.
En parlant de mon «éventuel» voyage, Wigo (on a tous compris que ce n’est pas son véritable prénom) fut non seulement emballé par le projet mais ne put attendre de me faire part des diverses surprises que me réserve son pays. «C’est un pays de gaz et de pétrole, donc ne t’étonne pas de voir des tas de gens riches roulant en 4x4 ou en Hummer», précise –t-il. «Tu vas également croiser des gens dans une extrême pauvreté, l’inégalité est flagrante en Iran. Maintenant tu ne croises pas autant de fous qu’à Paris. Normal, il n’y a pas d’alcool».
La crise des otages britanniques étant encore très récente, je partage mon inquiétude en demandant ce qu’il ne faut surtout pas faire une fois la bas.
- «Déjà il ne faut pas que tu dragues les filles dans la rue..»
- « Ok ne t’inquiète pas, je ne le fais déjà pas en France, ça ne me réussit pas[1] »
- « Il ne faut pas qu’on te retrouve bourré dans la rue…»
- « Ok ne t’inquiète pas. La dernière fois que j’ai pris une cuite, c’était au Kazakhstan. Et je me suis moqué du président devant un de ses représentants[2]»
- «Il ne faut pas que tu poses trop de questions aux chauffeurs de taxi, car ce sont souvent des agents du gouvernements »
- « Ha ça, j’aurai pu le faire »
- « Ha non ! Sinon c’est la prison directe ! »
- « Ha…»
D’après lui, du moment que mon visa est en règle, je ne risque aucun problème majeur en Iran. Apparemment, j’ai même le droit de me balader avec un T-Shirt « I Love USA ». «Une fois deux copains portaient des T-Shirts contestataires : l’un avec «vive les Etats –Unis» et l’autre avec une inscription on Farsi voulant dire «j’en…… les Bassidjis», raconte Wigo. «Tous les jeunes dans la rue étaient déchaîné à la vision de ces provocations, et n’arrêtaient pas de féliciter et d’encourager ces deux «révolutionnaires». Malheureusement pour lui un Bassidji (une des milices du Guide) a cassé l’ambiance en mettant une claque à l’un de mes potes, alors la foule a tabassé le Bassidji. Les jeunes ont ensuite renversé de l’essence sur lui et ils l’ont brûlé» ajoute-il avec un petit rire sarcastique. Je ne vous décris pas la tête des clients derrières qui étaient là pour se détendre avec un simple cappuccino…
Le Lendemain, tenant absolument à me faire connaître les paradoxes inhérents de son pays, Wigo m’envoya par mail diverses photos représentatives des contradictions qui traversent la république Islamique. On y trouve des femmes qui se font refaire le nez, des fêtes populaires célébrant la victoire d’un match de foot où encore des embouteillages démesurés dû aux vacances du Nouvel an Persan (Norooz).
Le soir même, en parlant de cette rencontre à mon colocataire, celui-ci ne se montra guère rassurant.
- «Attend tu appelles l’ambassade d’Iran en expliquant de manière détaillé ton projet et ton mémoire, et comme par hasard, une semaine plus tard, un étudiant iranien débarque dans ton café».
- « Mais qu’es ce que tu racontes, enfin, on est pas dans 24h chrono», dis-je avec un petit sourire gêné.
Le soir même, j’ai regardé deux épisodes des Simpson et je ne suis pas arrivé à dormir de la nuit.
Voici un lien assez sympa fréquenté par les étudiants iranien
Et voici les photos en questions :
[1] La dernière fois que je me suis amusé à ça, le petit copain était derrière et j’ai pris une droite
[2] J’ai pas pris de droite en revanche
13:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Iran
27.04.2007
Ahmadinejad sur 60 minutes
Une vidéo qui suscite plein de questions et de réflexions. J’attends vos commentaires.
12:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Mike Wallace, CBS, 60 minutes, Iran, Ahmadinejad
Elections françaises: Une nouvelle donne internationale?
De quelle manière va évoluer la politique étrangère Française avec le prochain président(e) ? Pour certains idéologues américains (et je dis bien certain), une victoire de Sarkozy pourrait changer pas mal la donne concernant les relations transatlantiques. Voici un texte issue du Think Tanks très conservateur The Heritage Foundation qui analyse les conséquences d’une éventuelle victoire électorale du président de l’UMP.
October 31, 2006
Regime Change in Paris: How Nicolas Sarkozy Could Reinvigorate U.S.-French Relations
by Sally McNamara
WebMemo #1241
| According to the latest polls, by spring 2007 the president of France could well be Nicolas Sarkozy, the man who The Washington Post described as “not your everyday French politician.”[1] For a start, the current French Interior Minister and leader of the UMP conservative party is pro-American. He understands that the war on terrorism is the world’s fight and not one America should have to bear alone. He grasps the nature of the threat facing Continental Europe from Muslim extremism and favors fighting terrorism head-on and without apology. His worldview is not one that ends in the Michelin-starred restaurants of Paris. Further, he is vocally enthusiastic about the Anglo-Saxon economic model and keen to shake up the statist, government-centered French economy with a hefty dose of innovation and entrepreneurialism. So if Nicolas Sarkozy does become president next year, what exactly will it mean for U.S. interests? Sarkozy and U.S. Foreign Policy It looks increasingly likely that the ineffective Jacques Chirac will be forced to make way for his younger and more popular colleague to take his party’s presidential nomination in January 2007. Having openly flaunted his ambitions for some time, Mr. Sarkozy has used his many elected and appointed political offices to set out a powerful manifesto for the presidency. And for American strategic interests, it is a good one.As chief pretender to the throne, Sarkozy has recently taken it upon himself to conduct his own foreign policy while abroad, independent of the traditional Gaullist line. Chirac’s well-reported fury at Sarkozy’s pro-American rhetoric during a U.S. visit in September 2006 indicates just how far Sarkozy is willing to go to distance himself from what he sees as the ancien régime.[2] Chirac’s ire has risen following Sarkozy’s successful Washington visit, which was timed to mark the 5th anniversary of the 9/11 attacks. During this trip, Sarkozy was as honest about the fractured Franco-American relationship as he was unabashed in his pro-American remedy for the problem. His speech at the French Embassy was breathtaking by French standards: The crisis our two countries experienced in 2003 was probably the gravest since 1966, when American forces withdrew from French NATO bases…. You Americans were struck in the heart on September 11, 2001, and never understood our opposition to the intervention in Iraq. Some of you, to call a spade a spade, even felt it as a form of betrayal.[3]It is an open secret that Sarkozy was critical of Chirac’s vocal opposition to the Iraq War in 2003, an issue that dogs Franco-American relations to this day. In his September 2006 interview with Le Monde, Sarkozy said that this period marked a “crisis” for Franco-American relations and that “Americans felt that they were abandoned by a nation with which they had felt close historical ties and shared values.”[4] Chirac, in turn, described Sarkozy’s comments as “irresponsible” and “lamentable.”[5] Sarkozy’s stance on the Israeli-Lebanon war represented another break with French foreign policy. Sarkozy was not afraid to condemn Hezbollah as the aggressor and spoke up for Israel’s right “to defend herself.”[6] While urging that Israel should “maintain level headedness and restraint,” he refused to join the European Union (EU) chorus calling for a total ceasefire.[7] In fact, his policy was remarkably similar to that of the United States and marked Sarkozy as a sensible voice on the Middle East in Europe. Sarkozy’s efforts to combat disturbingly high levels of anti-Americanism in France have great significance for the overall war on terrorism.[8] One year after the start of Operation Iraqi Freedom, more than half of the French people believed that the U.S. motivation for the war on terror was to dominate the world.[9] Today, 76 percent of the French people believe that the war in Iraq and removal of Saddam Hussein has made the world a more dangerous place.[10] For his part, Sarkozy has publicly acknowledged that Paris could just have easily been the target of the 9/11 terrorists and is adamant that anti-Americanism is not “a French thing.” Sarkozy’s “new” foreign policy is sending a powerful message right to the heart of Europe. His warm relationship with German Chancellor Angela Merkel quashes any prospect of the sort of anti-American axis between Berlin, Rome, and Paris that left-wing Italian Prime Minister Roman Prodi might have hoped for. In all, the gulf growing between Chirac and his potential heir favors the United States. Ahead in the polls, Sarkozy may well be the next president of France. His victory would mean the chance for America to work more effectively with a medium-sized foreign power in ad hoc coalitions, such as in Afghanistan, and also that the U.S. would have a more genial partner within the EU and the United Nations Security Council. With huge foreign policy questions such as Iran and North Korea taking center stage, America will benefit from a more cooperative approach from the Élysée Palace. The White House should relish the prospect of a potential ally in Europe who rejects the rabid anti-Americanism that has become an integral part of modern French politics. Sarkozy and the European Union Despite Sarkozy’s warmth toward Washington, a Sarkozy administration would probably not shift French policy away from Brussels significantly or shy from supporting further European integration. Sarkozy is keen to breathe life into the European Constitution, despite the overwhelming “non” from French voters in 2005. In arguing for the European Constitution during the French referendum, Sarkozy said that he was the first 50-year-old in French history not required to go to war for his country and cited “one simple reason: Europe.”[11]The draft Constitution threatens to drive a stake through the heart of the transatlantic alliance that has secured peace in Europe since 1945. From top to bottom, the Constitution will establish Europe as a rival political force to the United States, with its own foreign minister, powers of taxation, and legal personality. In alliance with Chancellor Merkel, Sarkozy may seek to resurrect a Franco-German axis in support of “ever-closer union” in Europe, a political development that is in the interests of neither Europe nor the United States. Conclusion Nicolas Sarkozy represents the best hope for a French administration that would work more closely with the United States on the world stage. His rejection of the crude anti-Americanism that has dominated U.S.-French relations since the Iraq War is brave and refreshing and should win Sarkozy friends in Washington. Sarkozy has also demonstrated a tougher stance on the global war on terrorism than any of his leading competitors for the presidency. However, the United States should not expect an immediate sea change in French foreign policy if Sarkozy comes to power. He will face opposition from powerful vested interests in the French political establishment that will resist fundamental changes in Paris’s approach toward Washington. Sarkozy is also likely to stick to the trusted model of the Franco-German alliance and will push for more, not less, centralization of political power in Europe. His European policy aside, Nicolas Sarkozy will be a breath of fresh air on the international stage, but whether he has the drive, determination, and leadership ability to fundamentally transform the U.S.-French relationship remains to be seen. Sally McNamara is Senior Policy Analyst in European Affairs in the Margaret Thatcher Center for Freedom at The Heritage Foundation. Peter Cuthbertson assisted with research for this paper. [1] George Gedda, “Sarkozy Visits U.S. to Show Solidarity,” The Washington Post, September 12, 2006, at http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006.... [2] Martin Arnold,“Chirac hits at Sarkozy over pro-US stance,” The Financial Times, September 18, 2006, at http://www.ft.com/cms/s/e59be13c-4737-11db-83df-0000779e2....[3] Interior Minister Nicolas Sarkozy, Embassy of France in the United States, September 12, 2006, at http://www.ambafrance-us.org/news/statmnts/2006/sarkozy_U....[4] “Nicolas Sarkozy: ‘J'aime l'énergie et la fluidité de l'Amérique,’” Le Monde, September 09, 2006, at http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-811330@....[5] Arnold, “Chirac hits at Sarkozy over pro-US stance.” [6] David Twersky, “France’s Next President?” The New York Sun, August 8, 2006, p. 8. [7] Ibid. [8] See Andrew Kohut et al., “No Global Warming Alarm in the U.S.,” The Pew Research Center for the People and the Press, June 13, 2006. [9] Andrew Kohut et al., “A Year After Iraq War,” The Pew Research Center for the People and the Press, March 16, 2004, p.19. [10] Kohut et al., “No Global Warming Alarm in the U.S.” [11] Jed Babbin, “Gilligan’s Ghost,” The American Spectator Online, April 25, 2005, at |
Je me demande souvent quelle aurait été la position de la France à l’égard de l’Irak en 2003 si Sarkozy avait été président (N’y voyez pas une position partisane car on peut mettre également sur la balance l’admiration de Mme Royal à « l’efficacité » de la justice chinoise). Je vous laisse avec la position des trois candidats publié dans Le Monde du 16 avril (Bayrou n’est plus vraiment d’actualité mais comme une alliance P.S-UDF peut voir le jour, sa position est non négligeable). Un iranien m’a expliqué que quoi qu’il arrive, la France ne pourra pas exercer une politique ferme face à Téhéran car les relations commerciales entre les deux pays sont beaucoup trop étroites.
Dix enjeux de politique étrangère
LE MONDE | 16.04.07 | 14h40 • Mis à jour le 16.04.07 | 14h40
LE NUCLÉAIRE IRANIEN
Si les Etats-Unis ou Israël décident à un moment donné que la seule façon d'empêcher l'Iran d'acquérir la bombe atomique est de procéder à des frappes militaires sur ses sites nucléaires, considérez-vous que la France devra s'opposer à ce scénario ? De quelle façon ?
François Bayrou : Alors que la société politique iranienne est de plus en plus divisée et que les provocations d'Ahmadinejad la marginalisent, une intervention militaire ressouderait instantanément la nation iranienne derrière son président et plongerait l'ensemble du Moyen-Orient dans le chaos. Il ne s'agit pas de "s'opposer" aux Etats-Unis, car je doute qu'ils solliciteraient dans cette hypothèse l'aval de la communauté internationale, il s'agit de les dissuader de s'engager dans une nouvelle impasse. Je fais confiance à la majorité du peuple américain, telle qu'elle s'est exprimée à l'automne 2006, pour faire échec aux tentations aventuristes.
Ségolène Royal : J'ai été la première, en France, à prendre une position très ferme sur le dossier iranien. Nous devons impérativement obtenir de l'Iran l'arrêt de l'enrichissement d'uranium et la reprise des inspections de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). L'accès de l'Iran au nucléaire militaire déstabiliserait la région. Pour autant, je refuse toute initiative unilatérale. Les pressions sur l'Iran doivent s'exercer par l'intermédiaire de résolutions du Conseil de sécurité et l'action du groupe 5+1. L'Iran doit entendre la voix de la raison et comprendre qu'il ne pourra jouer dans cette région le rôle auquel la géographie et l'histoire lui permettent de prétendre que s'il respecte la légalité internationale.
Nicolas Sarkozy : Je suis convaincu qu'une solution diplomatique est possible si la communauté internationale reste ferme sur ses principes et dans ses demandes. Un nouveau conflit aurait des conséquences très graves pour la région. L'accès de l'Iran à l'arme nucléaire est inacceptable, mais le règlement de la crise avec l'Iran doit être recherché par la négociation et dans un cadre multilatéral. La France doit agir pour que la communauté internationale reste unie, comme elle l'a été en adoptant à l'unanimité les résolutions 1 737 et 1 747.
Etes-vous favorable, au cas où l'Iran continuerait à refuser de se conformer aux demandes de l'ONU et de l'AIEA, à ce que les grandes puissances mettent en place un embargo sur les ventes de produits pétroliers raffinés à l'Iran ? Accepteriez-vous l'idée de sanctions adoptées en dehors du cadre de l'ONU, sur la base d'une "coalition de pays volontaires" ?
F. B. : Il ne faut pas sous-estimer la dépendance de l'économie iranienne par rapport à l'Occident. La politique d'Ahmadinejad a échoué et c'est ce qui explique ses provocations répétées. Les principaux responsables de l'économie iranienne sont, pour cette raison, soucieux d'éviter des mesures de rétorsion américaines et européennes, dans le secteur financier autant que dans le secteur pétrolier. Je crois donc qu'il faut procéder à un examen précis de tous les instruments de pression économiques dont nous disposons. Le pire serait que la communauté internationale se divise sur une querelle théologique sur le droit d'ingérence. Nous devons être assez déterminés pour faire plier l'Iran et assez intelligents pour ne pas nous opposer frontalement à la Chine et à la Russie.
S. R. : Si l'Iran persiste à ne pas se conformer à ses obligations, nous devrons monter d'un cran dans les sanctions. Mais je n'accepte pas l'idée de "coalition de pays volontaires" qui a été utilisée par l'administration américaine lors de l'intervention en Irak, avec les résultats que l'on sait.
N. S. : Si l'Iran continue à ne pas respecter les résolutions du Conseil de sécurité, il faudra aller plus loin dans les sanctions pour faire comprendre au régime que nous n'acceptons pas le fait accompli d'un Iran nucléaire. Dans ce cas, nous rechercherons en priorité l'unité du Conseil de sécurité sur de nouvelles mesures. Rien n'est exclu, a priori , ce qui compte, c'est l'efficacité. S'agissant de sanctions en dehors du Conseil de sécurité, ce n'est pas un problème de principe. Mais il est, bien sûr, préférable d'avoir une résolution de l'ONU.
Seriez-vous d'accord pour que l'Iran soit autorisé à mener sur son territoire, et sous contrôle étroit de l'AIEA, des activités de recherche et développement dans le domaine de l'enrichissement d'uranium comme compromis éventuel pour sortir de l'impasse diplomatique ?
F. B. : Il serait à la fois illusoire et inéquitable d'interdire à l'Iran l'accès au nucléaire civil. Le traité de non-prolifération ne proscrit pas formellement les activités d'enrichissement, sous réserve qu'elles ne débouchent pas sur la fabrication d'armes nucléaires. Tout le problème est dans l'efficacité du contrôle, et les Iraniens ne nous ont pas habitués à beaucoup de bonne foi en ce domaine. Toute la question est donc de savoir ce que pourrait être un "contrôle étroit". Nous ne pouvons pas cautionner un simple habillage juridique de la marche iranienne au nucléaire militaire.
S. R. : La question est aujourd'hui que l'Iran arrête son processus d'enrichissement sans contrôle. C'est seulement ainsi que la confiance indispensable à la bonne application du traité de non-prolifération pourra revenir. Et je redis que la meilleure solution me paraît être la proposition faite par la Russie de fournir l'uranium enrichi à l'Iran, ce qui écarterait le risque de prolifération, tout en permettant à ce pays d'accéder à l'électricité d'origine nucléaire.
N. S. : Ce programme d'enrichissement iranien est dangereux car il n'a pas d'utilisation pacifique identifiable. Le Conseil de sécurité a donc exigé de l'Iran qu'il suspende y compris ce qu'il appelle ses "activités de recherche et développement". Téhéran doit coopérer sans réserve avec l'AIEA, pour faire toute la lumière sur des années d'activités clandestines. La communauté internationale a fait des propositions ambitieuses, en particulier la possibilité pour l'Iran de développer un programme nucléaire clairement civil. Mais pour cela, l'Iran doit démontrer ses intentions pacifiques.
CRISE AU DARFOUR
Etes-vous favorable à l'adoption de nouvelles sanctions contre le régime soudanais, si ce dernier continue de refuser le déploiement d'un contingent de casques bleus de l'ONU au Darfour, ai









































