09.01.2008
Faut-il avoir peur de l'Islam?
Au mois d’octobre dernier, j’ai écris un article pour un magazine israélien francophone. Compte tenu de quelques modifications internes au niveau de la rédaction, le journal devait sortir début janvier. Venant d’être informé que je ne serai publié qu’en avril suite à je ne sais quelle véritable raison, j’ai préféré diffuser l’article directement sur mon blog. Le sujet demandé était : « Iran, Irak, Maghreb, faut-il avoir peur de l’Islam ? » (comment ça « cliché » ?). L’article ne devait pas dépasser les 700 mots. J’invite les lecteurs à me faire part de leurs commentaires.
Depuis le 11 septembre, nombreux spécialistes, journalistes et observateurs étrangers essayent de comprendre et définir si l’Islam, dans sa globalité, constitue au final une menace à l’encontre de l’occident et de ses institutions en général. Ce débat avait déjà pris une certaine ampleur bien avant l’effondrement des Tours Jumelles, notamment avec la polémique qu’avait suscitée la thèse de Samuel Huntington sur le conflit des civilisations. La boite de Pandore ouverte en Irak depuis l’intervention militaire américaine amène aujourd’hui cette question à son paroxysme. La chute de Saddam Hussein a donné naissance à une confrontation armée entre diverses milices qui toutes se réclament d’avoir comme mission la ré-instauration de l’Islam. L’Iran, régime islamique à obédience chiite, est aujourd’hui accusé de prosélytisme et d’ingérence en Irak ainsi que dans le reste de la région tout en étant au cœur d’une des principales crises balistiques contemporaines.
Les pays du Maghreb traversent une véritable islamisation par le bas des sociétés qui peut se traduire par la montée en puissance de partis politiques religieux qui gagnent des points à chaque fois que le peuple exprime son opinion par le vote[1]. Comme le dit Kader Abderrahim, journaliste et chercheur associé à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques : «Si demain, des élections démocratiques sont organisées au sein de tous les pays arabes, les partis islamiques obtiennent le pouvoir[2]». En dehors de la voie démocratique, des groupes minoritaires, se réclamant le plus souvent d’Al-Qaida[3] tentent d’imposer par la force une autre interprétation de l’Islam, à savoir l’effondrement des états-nations pour la restauration d’un califat conforme aux lois de la charia.
Dans le cadre d’un village global, l’Occident subit de plein fouet le retour de la religion dans ses débats contemporains. Cela s’explique par la forte influence des communautés musulmanes européennes, notamment en France et en Angleterre, mais aussi à travers les événements récents qui ont suscité tant de polémiques autour des caricatures de Mahomet. La fatwa iranienne lancée contre Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques, en 1989 posait déjà de sérieuses questions sur le rapport entre Islam et liberté mais les menaces d’attentats envers des entreprises suédoises en raison d’une énième caricature du Prophète amène la communauté européenne à reconsidérer son modèle de liberté d’expression. «Le blasphème a été légalisé lors de la Révolution Française, fondatrice de notre identité. Critiquer la religion, n’importe quelle religion, est une liberté fondamentale reconnue par la loi», rappelle Elizabeth Schemla[4], journaliste spécialiste du conflit israélo-palestinien. Difficile d’ailleurs de comprendre l’ampleur des protestations pour une affaire de dessins tendancieux alors que les massacres interconfessionnels en Irak ne suscitent que très peu de réactions. «Il est ardu de dire ce qui est le plus préoccupant : les meurtres barbares à caractère religieux perpétrés par des sunnites et des chiites en Irak, ou le silence assourdissant dans lequel ces massacres sont accueillis dans le monde musulman», note l’éditorialiste américain Thomas Friedman[5].
Cette remarque ramène à la complexité inhérente à la religion musulmane. Au-delà du clivage chiisme – sunnisme, il existe de multiple interprétations du Coran qui s’expriment par la multitude de factions religieuses, qu’elle soit politique, sociale ou militaire. Cette diversité tourne parfois à la confrontation directe comme le montre l’exemple irakien aujourd’hui. Cela amène les théologiens à parler de la Fitna, la guerre au sein de la nation musulmane qui entraînerait l’effondrement de l’Oumma, la communauté des croyants. Hassan Nasrallah a lui même fait part de cette crainte au journaliste d’investigation Seymour Hersh dans la cadre d’un entretien[6].
Il subsiste malheureusement une vison commune à l’Islam dans sa vocation politique en dépit des divergences d’interprétation religieuse. Celle-ci réside dans la non reconnaissance d’Israël comme nation. L’état hébreux vu la proximité de ses frontières, ne peut pour le moment concevoir l’Islam comme un partenaire pour la paix. Il est menacé au nord par la milice chiite libanaise Hezbollah, et au sud par le mouvement sunnite Hamas. Mouvement qui n’a pas hésité à mettre de côté les clivages idéologiques afin d’obtenir le soutien logistique et financier d’un Téhéran chiite. Depuis l’avènement de la République Islamique d’Iran, un des premiers mots d’ordre du régime a été de «libérer Jérusalem du joug sioniste». La géopolitique islamique divise le monde en deux catégories, le Dar al-islam (domaine de l’Islam) et le Dar al-harb, domaine ou les lois islamiques ne sont pas appliqués. La Palestine, symbole des croisades et du mythe de Saladin, réside dans le domaine de l’Islam et il est encore inconcevable d’accepter la légitimité d’une autre nation.
Cette vision ramène à une notion spécifique de l’Islam : l’Oumma Islamiyah, qui consiste à s’affranchir des frontières étatiques afin de regrouper tous les musulmans du monde dans un seul et même califat. Khomeyni était partisan de ce modèle d’une nation unique et voulait à tout prix exporter sa révolution au-delà des frontières iraniennes. Mais le Royaume Saoud, garant de la communauté sunnite et protecteur des lieux saints ne pouvait laisser un régime chiite prétendre redonner au Dar al-Islam son rayonnement originel. L’invasion des troupes soviétiques en Afghanistan offrit à Riad l’opportunité de reprendre le flambeau de l’islamisme contemporain et la guerre déclenchée par Saddam Hussein dans les années 80 fédéra l’ensemble des Etats sunnites contre le souffle déstabilisateur de Téhéran.Ces éléments vont toutefois avoir un impact profond dans la région. En juin 1967, la défaite de trois armées arabes face à Israël avait pu mettre un coup final au nationalisme nassérien soutenu par l’Union Soviétique. Le cri révolutionnaire iranien de «Ni est, ni ouest, Révolution Islamique» proposera une alternative face à ce traumatisme. «On ne comprendra pas le fait que l’islamisme, dans ces différentes dynamiques, rafle la mise de la contestation sociale à partir des années 70», explique l’historien philosophe Mohammed Taleb. « Le mouvement arabe de libération nationale a abouti à un échec, cristallisé par 1967 lorsque l’armée israélienne occupe le reste de la Palestine qu’elle n’avait pas occupée en 48. Et ce fait là va être terrible dans la conscience»[7]. Aujourd’hui, pour la rue arabe et sunnite, le Hezbollah est la seule «armée» à avoir tenu tête à Tsahal, ce qui joue en faveur du retour de l’Islam comme option politique.
Pour Mahdi Jahandar, Imam et théologien chiite, la majorité des Partis religieux, sans le dire ouvertement, s’inspire du modèle théocratique iranien dans le sens où le régime des Mollahs reste toujours insoumis à la pression de Washington. «C’est le premier reproche lancé à l’Occident», affirme-t-il. «Les mouvements musulmans veulent faire tomber les dictatures qui les gouvernent et accusent l’occident de fermer les yeux sur la nature de ces régimes».
La mort de Khomeyni, le bilan d’une guerre de huit ans avec l’Irak ainsi que l’isolement international ont entraîné les Mollahs à faire un choix entre l’intérêt national et la préservation de leur idéologie. Vingt-sept ans après la Révolution islamique, l’Iran présente une autre notion de l’Islam appuyée sur le nationalisme iranien et plus ancrée dans la tradition chiite à travers le mahdisme, l’attente de l’Imam occulté. Le chiisme possède un caractère messianique en considérant que le douzième imam reviendra sur terre lorsque le chaos régnera afin de mettre fin à la dictature des puissants. Ce retour est considéré comme la fin de l’Histoire et le triomphe de Dieu dans le destin des hommes. Le culte ardent que voue le président iranien actuel au Mahdi ne manque de défrayer la chronique. Nombreux observateurs estiment qu’Ahmadinejad ne craint pas la confrontation avec l’Occident car celle-ci ne ferait qu’accélérer le retour du Guide disparu.
Zeev Magen, spécialiste de l’Iran et de la culture perse à l’Université Bar-Ilan de Tel-Aviv, ne croit pourtant pas à cette vision apocalyptique de l’Iran. Il est vrai qu’Ahmadinejad est un mystique, mais il ne contrôle -et ne contrôlera- pas, le pays. Le système iranien est tel que le président reste le numéro 5 du régime, et ne possède pas l’accès aux décisions stratégiques. «Il n’y a aucun doute en revanche sur la volonté des dirigeants iraniens à détruire Israël, puisqu’ils ne reconnaissent pas sa légitimité», affirme Magen. Il cite en exemple une lettre écrite par l’Ayatollah Khamenei –l’actuel Guide suprême- à Hassan Nasrallah où il est dit qu’en Israël, les juifs ne respectent pas le shabbat, que les femmes portent des tenues provocantes et que par conséquent, une société comme celle-ci court à sa perte. «C’est intéressant car il est écrit la même chose dans le Coran», ajoute-t-il. Pour Mahdi Jahandar, il existe effectivement des références similaires envers le «Peuple élu» dans le livre saint musulman. «Il est dit que les juifs n’ont pu obtenir la terre promise car ils n’ont pas respecté leur promesse envers Dieu. Cet argument est toujours mis en avant pour délégitimer Israël».
La République Islamique a toutefois bien évolué depuis sa création. A l’heure où les régimes arabes font face à une forte demande de leur population à plus de religion, les iraniens ont peut-être fait le bilan de l’Islam politique pour le dépasser. Comme l’explique la sociologue Azadeh Kian-Thiébaut, les femmes iraniennes rejettent le port du voile au mépris des lois islamiques en vigueur, alors que leurs consœurs marocaines, égyptiennes ou encore européennes se voilent[8]. Avant d’être religieuse, la Révolution était avant tout nationale. «Tout en gardant l’idiome islamique, la priorité iranienne d’aujourd’hui réside avant tout dans les intérêts nationaux. Ceux-ci peuvent correspondre aux intérêts occidentaux, voir même israélien», explique Mahdi Jahandar. «Seule l’identité nationale peut aider à la réconciliation avec l’état hébreux», conclut-il. En clair, c’est la primauté de la nation sur le religieux qui peut être un partenaire pour la paix. Hossein Derakhshan's, journaliste et blogger iranien, maintient que les iraniens n’oublient pas le rôle d’Israël dans la vente d’armes à Téhéran lors de l’affaire des Contras. «Ce qui est, bien sûr, en faveur d’Israël[9]».
Faut-il donc avoir peur de l’Islam ? Il est clair que l’instauration d’un califat universel au profit d’une seul Oumma religieuse ne peut correspondre à la réalité géopolitique occidentale. La primauté du religieux sur le politique reste un risque de déstabilisation. Cependant un Islam politique intégré dans la notion d’Etat et acceptant les règles du pragmatisme pour préserver l’intérêt national peut à l’inverse emmener à un «dialogue des civilisations». Termes employés par l’ancien président iranien, Mohammed Khatami, religieux et descendant du Prophète, qui alla même jusqu’à plaider pour la non ingérence de son pays sur le conflit israélo-palestinien. Pour le moment, l’heure n’est pas encore au dialogue. «Nous traversons actuellement une longue période de crise, peut-être même l’approche d’un autre conflit militaire» estime Mahdi Jahandar. «Mais cela reste une transition. Je pense que la prochaine étape sera la paix, du moins je l’espère[10]».
17:40 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Islam, Iran, Irak, Maghreb, Israël, Khomeyni, Imam
18.08.2007
A JustBeMe come back coffee time
Au sommaire :
Une interview d’Ismail Haniyeh sur Euronews
Le témoignage d’ancien prisonniers de Guantanamo Bay
Un éditorialiste du NewYorkTimes regrette d’avoir soutenu le Président Bush
Dans le New York Times, le politologue et éditorialiste Michael Ignatieff prend la plume pour se repentir. Devant la catastrophe irakienne, il regrette d'avoir soutenu le président Bush. Extraits :
"La catastrophe irakienne a définitivement décrédibilisé le jugement politique d'un président mais aussi de beaucoup d'autres personnes, moi inclus, qui, comme commentateurs, ont soutenu l'invasion. Nous étions nombreux à penser, comme me l'a dit un ami exilé irakien la nuit où la guerre a commencé, que c'était la seule chance pour les gens de sa génération de vivre libre dans leur pays. Que ce rêve semble lointain aujourd'hui."
"La décision à laquelle sont aujourd'hui confrontés les Etats-Unis illustre l'extrême difficulté du jugement politique. Rester ou partir : chaque option représente un coût énorme. Une chose est sûre : si les Etats-Unis restent, le coût sera supporté par les Américains, s'ils partent, il sera essentiellement supporté par les Irakiens. L'énoncé du problème montre en lui-même dans quel sens les responsables américains trancheront probablement la question."
"On peut dès lors se demander qui a le mieux anticipé le déroulement des événements sur la question irakienne. Or beaucoup de ceux qui avaient à juste titre prédit une catastrophe ne l'avaient pas fait en exerçant leur jugement mais en faisant appel à l'idéologie. Ils étaient contre l'invasion parce qu'ils pensaient que le président n'en voulait qu'au pétrole irakien ou parce qu'ils pensaient que, de toute façon, les Etats-Unis ont toujours tort."
"Ceux qui ont fait preuve d'un bon jugement ont correctement prédit les conséquences de l'invasion mais également correctement évalué les motifs qui guidaient celle-ci. Ces commentateurs n'avaient pas nécessairement plus d'informations que moi. Ils ont travaillé avec les mêmes renseignements tronqués et la même méconnaissance de l'antique division religieuse de l'Irak. Ils n'ont cependant pas pris leurs désirs pour la réalité. Ils n'ont pas supposé, comme l'a fait le président Bush, que, puisqu'ils croyaient en l'honnêteté de leurs motifs, tout le monde dans la région y croirait aussi. Ils n'ont pas cru qu'un Etat libre pouvait se construire sur les fondations de trente-cinq ans de terrorisme policier. Ils n'ont pas supposé que les Etats-Unis avaient le pouvoir de modeler l'évolution politique d'un pays lointain dont les Américains savaient peu de choses. Ils n'ont pas imaginé que, puisque les Etats-Unis avaient défendu les droits de l'homme en Bosnie et au Kosovo, ils allaient faire de même en Irak. Ils se sont épargné toutes ces erreurs."
"J'ai moi-même commis certaines de ces erreurs, plus quelques autres. La leçon que j'en ai tirée pour l'avenir, c'est de moins me laisser influencer par les passions de personnes que j'admire – les exilés irakiens, par exemple – et de moins me laisser dominer par mes émotions. Je me suis rendu dans le nord de l'Irak en 1992. J'ai vu ce que Saddam Hussein avait fait aux Kurdes. A partir de cet instant, j'ai pensé qu'il devait partir. Mes convictions avaient toute l'autorité de l'expérience personnelle. Mais pour cette même raison j'ai laissé les émotions me faire perdre de vue les questions difficiles, par exemple : les Kurdes, les sunnites et les chiites peuvent-ils ensemble vivre en paix dans un pays que Saddam Hussein tenait par la terreur ?"
"Pour avoir un bon jugement en politique, il faut se juger sévèrement soi-même. Le président n'a pas pris la peine de comprendre l'Irak, mais il n'a pas non plus pris la peine de se comprendre lui-même. Le sens des réalités qui aurait pu le sauver de la catastrophe aurait pu prendre la forme d'une sorte de sonnette d'alarme interne l'avertissant qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. Il est toutefois peu probable que le président ait jamais entendu de sonnette d'alarme interne. Il a eu une vie protégée et les sonnettes d'alarme ne tintent pas dans ce genre de vie."
21:10 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hamas, Haniyeh, Palestine, Guantanamo, Irak, War, Bush
31.03.2007
A JustBeMe CoffeeTime spécial "Otages Britanniques"
Rien ne vas plus, 15 otages britanniques ont été enlevés. On parle de guerre, on parle de paix. On veut calmer le jeu, mais on se la joue musclé. Que pense la presse de toute cette affaire ?
Du côté britannique, les journaux appellent plutôt le Foreign Office de Londres à garder l’option diplomatique. «Ce n’est pas le moment de brandir des menaces hasardeuses ou exagérées» déclare le quotidien Times du vendredi 30 mars. Cette crise «ne doit pas être utilisée comme un appel aux armes par des personnes qui auraient d'autres vues (c'est-à-dire les partisans d'une attaque armée contre l'Iran)», écrit Ali Ansari, directeur de l'Institut de recherche sur l'Iran, à l'université de Saint Andrews.
Les journalistes anglais, sont en grande majorité derrière les efforts de Londres pour obtenir la libération des quinze marins, mais n'oublient pas de préciser ce qu'ils jugent être les causes de cet enlèvement. Ali Ansari, dans le Times, rappelle le rôle d'allié que joue la Grande-Bretagne aux côtés des Etats-Unis et conclue : «La Grande-Bretagne est, bien sûr, une cible idéale» pour l'Iran.
Le Guardian, quotidien fermement opposé à la guerre en Irak depuis le début de l'intervention a en revanche des propos assez amers sur la politique étrangère britannique . Ronan Bennett, évoquant la diffusion d'images montrant les otages, titre vendredi 30 mars "Un outrage de façade". Il rappelle que l'une des otages, Faye Turney, a peut-être été forcée de porter le voile islamique, mais que ses ravisseurs ne l'ont pas obligée à se vêtir d'une combinaison orange, comme les détenus de Guantanamo. «On ne leur a pas attaché des électrodes aux parties génitales. Ils n'ont pas été attaqués par des chiens», poursuit l'éditorialiste, en une référence aux tortures perpétrées dans la prison irakienne d'Abou Ghraib.
En revanche, le site Internet du tabloïd Daily Mail recueille des commentaires plutôt agressive envers la république islamique. L'un des visiteurs affirme : «Si notre frégate s'était opposée à l'attaque des navires iraniens, il n'y aurait eu aucun problème. » Un autre écrit de Chicago (Etats-Unis) : «Une majorité d'entre vous en Europe critique les Etats-Unis pour leur politique agressive envers les terroristes. Vous noterez que l'Iran a choisi d'enlever des Britanniques et non des Américains. Je pense que vous comprenez pourquoi. Vous devez vous défendre, ou alors commencez à parler français comme votre voisin européen.»[1]
Du côté iranien, les bloggers se révèlent très critiques concernant les actions menées par leur gouvernement qui va selon eux ne faire qu’isoler encore plus la république islamique sur la scène internationale. «Cet incident va encore provoquer des gros titres négatif sur l’Iran», affirme Mr. Behi. «Je ne comprend rien à l’administration iranienne, qu’es ce qu’ils essayent de faire avec ces soldats ! J’espère sincèrement que cela ne provoquera pas une stupide réaction militaire». Il ajoute, que ce fleuve, le Chatt –Al-Arab situé entre l’Irak, l’Iran et le Koweït, constitue depuis longtemps une dispute territoriale[2]. C’était l’argument utilisé par Saddam Hussein dans les années 80 pour déclarer la guerre à Téhéran.
Une américaine qui vit à Téhéran avec son mari depuis quelques années a exprimé de vives critiques face à la position du gouvernement iranien dans cette affaire. «Aujourd’hui, je suis convaincu à 100% que les marins britanniques ne se trouvaient pas dans les eaux iraniennes. Je le dis car c’est la première fois que je vois l’occident, et particulièrement la Grande Bretagne montrer des preuves aussi rapidement et avec autant de détails. Habituellement, dans ce type d’affaire, personne ne montre de preuves»[3].
Pour Bernard Hourcade chercheur sur l’Iran au CNRS, il n’y a pas de réelle stratégie au niveau interne de la part du gouvernement. La plupart des iraniens sont en vacances en raison des fêtes religieuses célébrant la nouvelle année iranienne. «Pour ceux qui en Iran, sont hostile à une stratégie pacifique et à une négociation avec la communauté internationale, c’est un moyen de gagner du temps», explique-t-il. «Pendant que les otages sont pris, Tony Blair ne peut pas discuter avec les iraniens, et c’est donc du temps de gagné pour les gens qui travaillent à l’enrichissement de l’uranium.[4]». Des similitudes sont à faire avec la prise d’otage de l’ambassade américaine en 1979, puisque une éventuelle coopération entre le nouveau régime iranien et le gouvernement américain, fut brutalement mis de côté par l’œuvre d’une minorité à travers l’action effectuée contre les officiels américains à Téhéran. Là encore, en 2007, c’est une partie au sein du gouvernement qui pousse l’Iran à un point de non-retour.
La presse américaine d’ailleurs n’hésite pas à faire la connotation avec cette ancienne prise d’otage en nommant l’actuelle crise : «L’affaire des otages britanniques». Washington développe une attitude contradictoire car en dépit de déclaration très discrètes sur le sujet, les manœuvres militaires dans le Golfe persique n’ont jamais été aussi élevées depuis 2003.
Le Blogger irano-canadien Hossein s’est contenté de mettre les commentaires de visiteurs sur le site web de la BBC, qui se montrent en majorité critiques envers la politique étrangère britannique[5].
Enfin, concernant la presse israélienne. Le blog du Jérusalem Post diffuse les opinions de divers éditorialistes sur l’attitude «conciliante» du gouvernement britannique face à l’action de Téhéran. Les avis divergent mais ce qui ressort est l’influence très forte qu’exerce la couverture des médias par rapport à la communication de Londres:
Question #28
Are you surprised by the relatively low-key reaction to Iran's kidnapping of the British soldiers? How do you see this crisis unfolding? David Horovitz: The British plainly preferred to hope that they'd be able to sort this out quietly, behind-the-scenes. The British media and the families evidently felt the same.There was none of the Israeli-style media blitz at the homes of the relatives, no personal dramas and tears played out on the nightly news or in the daily papers.
But the assumption, or at least the hope, that common decency would quickly prevail, and that the 15 would be swiftly freed, has crashed headlong into the cynical ruthlessness of the Iranian regime.
It's a bitter lesson for the British about the some of the norms in our neighborhood. We'll see how this episode plays out, but plainly this Iranian leadership is on a determined collision course with the free world and its values, and the sooner the free world internalizes the extent of the threat, the better.
Editor's Notes: No happy ending
Calev Ben-David: The initial low-key reaction was not surprising, because this is how the UK reacted after a similar incident in 2004 when eight British sailors were taken prisoner by Iran, and only released after "confessing" that they had trespassed into Iranian waters.
What actually is surprising now are the growing signs this time that Prime Minister Tony Blair will take a tougher stance toward Teheran in the current crisis.
The releasing of evidence showing the sailors were in Iraqi waters when captured, the freezing of UK-Iran ties, and the hint by Blair of more aggressive actions if the sailors are not released soon, already push the current situation several layers beyond what happened three years ago.
The likely reason is that London correctly perceives that the Iranians are holding the sailors hostage as a tactic in its conflict with the international community over its nuclear program, and possibly as a bargaining chip for its intelligence agents arrested earlier on in Iraq.
More surprising - or not - is the way some of the international media have been covering this crisis. It's incredible that only on Wednesday did the International Herald-Tribune finally put the story on page one.
Several media outlets seem intent on downplaying this story, because perhaps because they are uncomfortable focusing on the increasingly extreme actions of Ahmadinijad's regime, as it doesn't jibe with an editorial outlook that rejects wholesale whatever policies the Blair and Bush administrations are taking in response to the threat of Islamic extremism in the region.
This is THE story right now in the region, certainly far more important than some of the recent maneuverings in the Israeli-Arab peace process.
Snap Judgment My day in court
Pour finir, le régime islamique vient de déclarer que les otages risques d’êtres jugés si jamais au cas où des preuves démontreront leurs culpabilités. Pour en savoir plus :
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1173879219228&...
[1] http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-890147,0.html
[2] http://mrbehi.blogs.com/
[3] http://viewfromiran.blogspot.com/
[4]http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0,32-890135,0.html
[5] http://hoder.com/weblog/
[6] http://blogcentral.jpost.com/view.php?cat_id=4&blog_id=61&blog_post_id=990
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