« 2008-01 | Page d'accueil
| 2008-03 »
23.02.2008
Hezbollah - Israël: Vers une nouvelle guerre?
La mort d’Imad Moughniyeh, tué dans l’explosion d’une voiture piégée le mardi 12 février à Damas, représente une étape importante dans l’histoire du Hezbollah. Personne pour le moment ne revendique sa mort, même si l’Iran et le Parti de Dieu libanais accusent ouvertement Israël de cette attaque. Le gouvernement israélien nie toute implication dans cet assassinat mais ne peut que se réjouir de voir disparaître l’un des hommes les plus recherchés du monde. « Nous n’étions pas les seul à vouloir son élimination », a confié au TIME un ancien responsable des renseignements israéliens. « Les Saoudiens le voulaient, ainsi que les libanais chrétiens », précise-t-il[1]. Toutefois, le discours de Hassan Nasrallah déclarant une « guerre ouverte » avec Israël, traduit l’arrivée de nouvelles tensions dans un pays du cèdre déjà explosif.
Imad Moughniyeh n’était pas réellement un mythe ou un symbole fort au Moyen Orient. A l’exception des déclarations du gouvernement iranien et de Nasrallah, il n’y a pas eu de mouvements de foules importants dans la région. Toutefois Moughniyeh était un cadre incontournable du mouvement chiite libanais. Il semble avoir été un acteur très important dans les orientations prises et la stratégie développée par le Hezbollah au courant de l’été 2006. D’après Barah Mikaïl, chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques de Paris, son assassinat est donc un coup dur pour le mouvement qui se voit ainsi touché au sommet de sa pyramide. « Le Hezbollah ne vacillera pas pour autant, c'est certain ; mais il a cependant été amputé de l'un des rouages essentiels de son dispositif, tant Moughniyeh était fort de capacités dues pour beaucoup à sa profonde expérience du terrain » a expliqué Barah Mikaïl.
Evoluant en pleine guerre civile libanaise, le parcours d’Imad Moughniyeh constitue la transformation d’une tendance dans les conflits moyen-orientaux, privilégiant le système de la guerre asymétrique face aux armées américaines et israéliennes. Né à Tyr dans le sud du Liban en juillet 1962, Moughniyeh a grandit dans les quartiers sud de la capitale où il a passé l’ensemble de sa scolarité. Il a également étudié un an au sein de l’Université Américaine de Beyrouth. Dans les années 70, il s’engage dans les forces palestiniennes au Liban où il fait ses premières armes en tant que sniper. Il sera par la suite enrôlé dans la Force 17, le commando d’élite chargé de la protection d’Arafat.
En août 1982, les miliciens de l’OLP ainsi que leur chef Yasser Arafat évacuent le Liban avec l’aide de la Légion étrangère française, laissant derrière eux des milliers de civils palestiniens entassés dans des camps ainsi que des milliers de mercenaires se retrouvant sans armée ni cause à défendre. Imad Moughniyeh est l’un d’eux. Comme de nombreux laissés pour compte de l’OLP, il rejoindra rapidement les prêches anti-impérialiste du Cheick Mohammed Hussein Fadlallah, un haut dignitaire chiite qui sera plus tard le chef du Hezbollah. A la fin de cette même année 1982, Moughniyeh sera repéré par des recruteurs pasdarans iraniens envoyés par la toute jeune République Islamique. Sa connaissance du terrain et des moindres recoins de Beyrouth jouèrent largement en sa faveur.
Quelques mois plus tard, le 18 avril 1983, un homme conduit à toute allure d’une voiture piégée qu’il jette contre l’ambassade américaine à Beyrouth. L’explosion fit 63 morts dont 17 américains. La CIA perdit six officiers, le chef de station, son adjoint ainsi que la femme de ce dernier. En octobre de la même année, 243 marines furent tués par l’explosion d’un camion bourré d’explosifs qui percuta leur caserne près de l’aéroport international de Beyrouth. Vingt six minutes plus tard, le bâtiment qui abritait les membres du contingent militaire français de la force multinationale explosa à son tour, tuant 56 parachutistes.
Bien qu’aucun groupe n’ait revendiqué l’attentat contre l’ambassade américaine, les attaques d’octobre qui visaient clairement les forces armées occidentales, eurent des suites au niveau de la communication. Une agence de presse internationale révéla qu’elle avait reçu des coups de fil d’une organisation jusqu’alors inconnue, le «Djihad islamique», qui proclamait être responsable de ces attentats. L’auteur du coup de téléphone avait dépeint son groupe comme des «soldats de Dieu qui aspirent au martyre» et déclaré que leur objectif était d’établir une république islamique au Liban et d’expulser les Israéliens et leurs sympathisants. Les références de cette déclaration portèrent les soupçons directement sur Téhéran. Un mois plus tard, le quartier général de Tsahal dans la cité portuaire de Tyr au Sud- Liban, fut également victime d’un attentat à la voiture piégée entraînant des pertes conséquentes. Pour cette fois, le Hezbollah revendiqua l’attaque tout en niant être l’auteur des précédentes[2]. Une nouvelle force s’était jointe à la guerre civile.
Une nouvelle étape pour le Hezbollah
Le Moyen Orient était alors entré dans une nouvelle phase. Imad Moughniyeh symbolise l’impact de la révolution religieuse iranienne dans la région, de l’aspiration d’une nouvelle génération de combattants au martyre et de la force stratégique de la guerre asymétrique. Aujourd’hui le Hezbollah, qui a toujours nié être l’auteur des attentats cités précédemment, bénéficie d’une très forte popularité auprès de la rue arabe sunnite comme chiite pour avoir tenu tête à Israël à de nombreuses reprises.
C’est pourquoi la mort de Moughniyeh constitue un changement important pour le Parti de Dieu. Alors que l’opposition anti-syrienne durcit le ton, en particulier avec le discours du chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, un des cadres les plus éminents du Hezbollah se fait tuer à Damas même, dont la réputation des services secrets syriens n’était pourtant plus à faire. D’après le TIME citant des officiels américains, Moughniyeh collaborait également avec l’armée du Madhi dirigé par Moqtada al Sadr en Irak. C’est donc un message fort envoyé à la fois aux Gardiens de la Révolution et au régime de Bachar Assad. Les auteurs de l’assassinat de Moughniyeh ont montré que l’axe Téhéran-Damas-Hezbollah n’est pas si indestructible qu’il ne paraît. D’ailleurs dès le lendemain de l’attentat, le Président Bush annonça une nouvelle série de sanctions à l’encontre de haut fonctionnaires du régime syrien suspectés ou reconnus coupable de corruption. Les sources citées par le TIME reconnaissent que les renseignements américains avaient suivi intensément les traces de Moughniyeh ces cinq dernières années à travers Bagdad, Téhéran, Damas et Beyrouth[3]. A l’image des membres du Hezbollah réputés pour leur discrétion, beaucoup de mystère enveloppait la personnalité et les actions concrètes de Moughniyeh.
« Cela explique la tonalité virulente du discours de Nasrallah », précise Barah Mikaïl. « Il a fait le choix de menacer du pire quiconque chercherait à mettre à mal les intérêts du Hezbollah. C'est une manière pour lui de signifier à ceux qui chercheraient à pousser sa formation dans ses derniers retranchements que les conséquences d'une telle situation pourraient être fatales ». La plupart des observateurs considèrent qu’une réponse du Hezbollah est inévitable. Après la mort de l’ancien dirigeant Cheick Abbas Mussawi en février 1992, une bombe explosa un mois plus tard à l’ambassade israélienne à Buenos Aires en Argentine. Pour Robert Baer, ancien agent de la CIA qui a été en poste à Beyrouth, la mort de Moughniyeh est une « perte personnelle » pour Nasrallah. « C’est quelque chose que le Hezbollah ne peut laisser passer. Moughniyeh était beaucoup plus qu’un symbole », exprime au Christian Science Monitor Timur Goksel, professeur en relations internationales à Beyrouth et ancien représentant des Nations – Unies au Sud Liban. « Je pense qu’il optera plutôt pour un assassinat ciblé qu’un attentat civil[4] ».
La situation actuelle présente beaucoup de similitudes avec la naissance du Parti de Dieu dans les années 80. Les événements au Liban ramènent à de nombreuses reprises aux démons de la guerre civile et ce sont toujours les mêmes acteurs qui composent majoritairement l’actualité, à savoir la Syrie , l’Iran, Israël et le Hezbollah. La mort d’Imad Moughniyeh s’inscrit dans la continuité par rapport à la tendance amorcée en 1982 mais constitue un changement dans la stratégie même du Hezbollah. Pour le moment Tel Aviv à mis en état d’alerte ses ambassades et les différentes institutions juives répandues dans le monde. La presse israélienne s’interroge déjà sur la forme que prendra la revanche du Hezbollah. « Dans le pire scénario, le Hezbollah pourrait décider d'entrer en guerre contre Israël, mettant ainsi le gouvernement libanais dans une situation impossible » a écrit dans Haaretz le journaliste Zvi Bar’el[5]. Toutefois comme précise Barah Mikaïl, « Pour le moment, la parole n’a pas encore cédé aux actes, et il faut souhaiter qu’il puisse en rester ainsi ».
20:50 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Imad Moughniyeh, Hezbollah, Israël, Syrie, Damas, voiture piégée
21.02.2008
Redemption
Cette semaine, j’ai parlé de mon voyage au Kazakhstan au sein de mon stage. Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’était pas volontaire. Il est vrai qu’à une certaine période, on prenait connaissance de mes « malheurs » avant même de connaître mon nom. Cette fois pourtant, c’était différent.
Une fois par mois, un membre de l’équipe doit faire une petite présentation lors du lunch break sur le sujet de son choix. Le thème importe peu, ce qui compte c’est de parler un peu de soi. Une manière très américaine de rapprocher les gens.
J’ai toujours parlé du Kazakhstan de deux façons. Dans la première, je prenais ma voix de jeune étudiant parisien, sorti tout droit d’une école de commerce payé par papa pour dire que le Kazakhstan c’est génial, parce qu’il y a du fric, du pétrole, des nouveaux marchés et même le représentant de Total (ridicule…). Dans la deuxième approche (la plus connue jusqu’ici) je résumais mon expérience en quelques secondes : « je suis parti au Kazakhstan, j’ai perdu de l’argent et ce sont tous des en…). Il fallait donc que je fasse une présentation un peu plus soigné.
Pour la première fois, j’ai parlé de mon expérience avec du recul et surtout en essayant de rester moi même. Je ne vendais pas un projet commercial, je ne crachais pas ma haine. J’ai tout de même reconnu que j’étais déjà déçu du projet avant même d’avoir des problèmes d’argents. Le projet Kazakhstan avait une connotation « business » qui ne me correspondait pas. Je garde un excellent souvenir de ma conversation sur le trafic d’arme avec les jeunes mafieux Kazakhs, mais je n’ai en aucun cas trouvé transcendant ma rencontre avec Total. C’était déjà une première « claque » relative à l’énergie que j’avais investi dans ce projet. Il fallait tout de même que je me rende la bas pour en prendre conscience.
Le meilleurs moment de ma présentation fut bien sur la fin. « Après plusieurs mois à travailler en tant que garçon de café, j’ai finalement réussi à soutenir mon mémoire. Il fallait ensuite passer à autre chose. Comme je garde de bons souvenirs de mes études au Québec, j’ai choisis de partir pour Montréal, et quelques mois plus tard, je me retrouve ici devant vous à parler de mon voyage au Kazakhstan ».
Le public a apprécié. Moi aussi.
20:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.02.2008
A JustBeMe good news
Ma revue de presse sur la perception des élections américaines au Moyen-Orient est diffusé sur le site Internet de la Chaire Raoul Dandurand. L'article a également été repris sur le site Cyberpresse
Le lien : http://www.er.uqam.ca/nobel/raoul978/b2evolution/blogs/in...
23:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.02.2008
Le fils d'Abou Mazen à Montréal
Hier, je me suis rendu à une conférence donnée par Yasser Mahmoud Abbas, fils du Président actuel de l’Autorité Palestinienne et représentant du Fatah en Amérique du Nord. La conférence s’intitulait : « Quelle Etat pour quelle Palestine ?» et s’est déroulé au sein de l’Université du Québec à Montréal. A dire vrai, je me suis retrouvé la un peu par hasard. J’étais à la base parti chercher du café puis je me suis retrouvé à cette conférence (il y a toujours un rapport entre le café et la géopolitique avec moi).
Au départ, j’avoue avoir été très sceptique vis-à-vis du public. J’avais à côté de moi deux jeunes alter mondialistes, l’un portant le célèbre keffieh blanc et noir autour du coup, l’autre ressemblant comme deux goûtes d’eau à l’acteur français Romain Duris. Le fils d’Abbas expliquait à l’aide de schéma, photos, cartes et dessins humoristiques la vie quotidienne des Palestiniens et les humiliations incessantes dues aux check points, aux soldats et aux colonies. En revanche, pas un mot sur le Hamas où la situation actuelle à Gaza.
J’ai donc rapidement conclut que cette conférence n’allait pas mener à grand chose. Qu’au final, Yasser Mahmoud Abbas allait balancer un discours entendu déjà mille fois pour un public convaincu. Un peu comme si un Diplomate israélien allait expliquer lors d’une conférence de l’AIPAC qu’Israël à le droit de se défendre et puis c’est tout. (Avec la voix de Philipe Lucas, la marionnette des Guignols).
Je me suis trompé…
Première intervention : «Je comprends très bien votre besoin d’espace, mais pouvez vous me dire pourquoi votre père qui se dit représentant des Palestiniens a affirmé explicitement sa volonté de maintenir le frontières fermés à Gaza, contribuant ainsi à affamer des milliers de réfugiés qui vivent littéralement dans leurs propres m… ». Le fils d’Abbas devenu tout rouge dans son costume trois pièces Giorgio Armani s’est soudain maintenu dans une position me rappelant des photos de Pervez Musharraf. « Je suis heureux de vous dire, très chère madame, que mon père vit dans un appartement près du mien et près du peuple à Ramallah. Quant au peuple Palestinien, donnons aux israéliens la responsabilité de s’en occuper et vous verrez ce qu’il se passera ». Une réponse un peu détournée. Passons…
La seconde intervention provient d’une israélienne qui à vécu plusieurs mois à Jérusalem Est, du côté arabe : « J’ai rencontré beaucoup de Palestiniens qui rêvent d’obtenir la citoyenneté israélienne. J’aurai aimé connaître votre opinion à ce sujet ». Nouvelle question dérangeante, je commence à apprécier cette conférence. M. Abbas reste toutefois relativement calme. « Les palestiniens veulent la citoyenneté israélienne ? Je les comprends. C’est là ou on trouve des emplois et c’est là ou on gagne de l’argent. C’est vrai que ce n’est pas très agréable de vivre en Palestine », dit-il d’un ton ironique. L’israélienne lui demande alors ce qui est préférable à ses yeux. Un Etat binational ou deux Etats côte à côte. « Moi, c’est clair. Je suis pour le divorce ».
Troisième intervention qui porte justement sur le sujet tabou : « La plupart des israéliens pensent aujourd’hui que le processus de paix est impossible à cause de la présence du Hamas. Quel est votre opinion justement sur ce mouvement ? » Yasser Mahmoud Abbas rappelle à juste titre malheureusement[1] qu’Israël avait encouragé à une époque[2] le développement du Hamas pour accentuer les divisions au sein des Palestiniens. Il ajoute également que les Israéliens et des représentants du Hamas négocient en secrets depuis quelques temps. « J’ai même des noms, des dates et des lieux » précise-t-il, mais sans en dire plus.
Intrigué par ces accords secrets, je vais m’adresser directement à M. Abbas pour essayer de recueillir au moins quelques noms. Il m’observe en hochant la tête de manière négative pendant quelques secondes puis me dit : « Je vous donne un nom et une date : Ahmed Youssef et une rencontre datant de deux mois».
En regardant sur Internet, je tombe sur une tribune du New-York Times datant du 1er novembre 2006 et rédigé par Ahmed Youssef, proche conseiller du Premier Ministre Ismail Haniyeh à Gaza. En voici quelques extraits :
« Ici, à Gaza, peu de gens rêvent de paix. Pour l’instant, la plupart n’osent rêver que de non-guerre. C’est la raison pour laquelle le Hamas propose une trêve à long terme, pendant laquelle les peuples israélien et palestinien pourraient tenter de négocier une paix durable.
En arabe, une trêve se dit "hudna". Valable pour une période de dix ans, elle est reconnue par la jurisprudence musulmane comme un accord légitime et contraignant. Une houdna va au-delà de la conception occidentale du cessez-le-feu, et oblige les parties à utiliser cette période pour chercher une solution durable et non-violente à leurs différends. Le Coran attribue un grand mérite à ces efforts de promoution de la compréhension entre les peuples. Alors que la guerre déshumanise l’ennemi et rend plus facile le fait de tuer, la hudna permet d’humaniser ses opposants et de comprendre leur position avec pour but de résoudre les conflits inter-tribaux ou internationaux.
Pareille conception - une période de non guerre mais de résolution seulement partielle d’un conflit - est étrangère à l’Occident et a été accueillie avec beaucoup de suspicion. Beaucoup d’Occidentaux à qui je parle se demandent comment on peut arrêter la violence sans mettre fin au conflit.
Je répondrais, pourtant, que cette conception n’est pas aussi étrangère qu’il y paraît. Après tout, l’IRA a accepté de stopper ses actions militaires dans son combat pour libérer l’Irlande du Nord sans pour cela reconnaître la souveraineté britannique. Les républicains irlandais continuent d’aspirer à une Irlande unie et libérée de la tutelle britannique, mais ils veulent utiliser pour cela des méthodes pacifiques. Si l’on avait obligé l’IRA à renoncer à sa vision d’une Irlande réunifiée avant de négocier, la paix ne serait jamais advenue. Pourquoi exiger davantage des Palestiniens, alors que l’on sait que l’esprit de notre peuple ne le permettra jamais ? »
Maintenant, comme précise l’organisation Française La Paix Maintenant : « le jour de la parution de cet article dans le NYT, le ministre des Affaires étrangères du Hamas déclarait à Gaza que les Palestiniens devaient récupérer la totalité de la Palestine , de la Méditerranée au Jourdain, et que la place des juifs de Palestine était en Europe ».
Il est vrai que de nombreux paradoxes subsistent à ce conflit. Yasser Mahmoud Abbas avait apporté pour sa conférence quelques exemplaires de la charte de l’Initiative de Paix Arabe, qui a été reconnu publiquement et appuyé lors du meeting de l’Organisation de la Conférence Islamique donné en mai 2003 en Iran. Pays qui revendique régulièrement la destruction d’Israël.
M. Abbas a insisté sur les conditions nécessaires au processus de paix : Retrait des colonies, rétablissement des frontières d’avant 67, statut des réfugiés, Jérusalem Est comme capitale et le partage de l’eau.
Au regard de l’actualité, on ne peut s’empêcher de ressortir de la salle avec l’estomac noué. La situation palestinienne est véritablement une tragédie.
[2] En 1987 exactement, voir Gordon Thomas, Mossad : les nouveaux défis, p.181, Nouveau Monde édition
17:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.02.2008
Reflexion
Ce n’est vraiment pas sur, mais l’un de mes contacts, intéressé par mon expérience de blogger en Israël, m’a proposé de m’organiser une conférence où je parlerai du thème : « Web 2.0 au Moyen Orient : vers un rapprochement des peuples ? ».
Cela pourrait être une belle opportunité pour me faire un peu de pub. Cependant, au lieu de me présenter comme un expert en nouvelles technologies (où je risque vite de me faire avoir), je devrais plutôt me concentrer sur les travaux des bloggers qui oeuvrent à travers la région. Une idée intéressante : reprendre le projet de visiter plusieurs pays du Moyen-Orient, de rencontrer les bloggers directement sur place (activistes ou autres) et de prendre en compte les premiers feedback pour voir si le projet est viable.
A méditer.
23:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
La perception des élections américaines au Moyen Orient
En allant remplir mes papiers administratifs, je rencontre Madhi Jahandar, un ami iranien dont j’ai cité plusieurs fois le nom dans ce blog et avec qui j’ai travaillé à l’IRIS. Déjà, c’était assez fou de voir à quel point le monde est petit, mais surtout ce fut une sacré aubaine pour moi de le croiser à Montréal alors que je travaille sur la perception des élections américaines au Moyen Orient. Résultat : tout le week end à boire du thé et du café et à faire le tour de la presse iranienne et arabe. Il n’y a pas encore beaucoup d’informations sur le sujet mais il y avait tout de même de quoi faire écrire.
Les élections américaines annoncent de nouvelles perspectives dans la politique étrangère de Washington, notamment au Moyen-Orient. Du moins, c’est ce qu’il est tenté de croire au regard de la diversité des candidats ainsi que dans leurs discours pro-changement par rapport à la politique précédente. Le prochain Président aura fort à faire pour redorer le blason américain, car à l’exception de l’Etat hébreu, les Etats-Unis sont très mal perçus dans la région. Le maintien des troupes en Irak en est une première raison, mais le soutien affiché à Israël lors des différentes crises au Liban et au sein des territoires palestiniens ont largement contribué à accentuer l’anti-américanisme qui sévissait déjà dans cette zone.
Les médias arabes et iraniens n’accordent pas encore de réel suivi sur les premiers résultats de ces élections. Cela s’explique surtout pour des raisons internes : les Palestiniens font face à une grave crise humanitaire. Les Libanais, sans Président depuis trois mois, se confrontent à plusieurs attentats ainsi qu’à de violentes manifestations. Les Irakiens ont déjà fort à faire au niveau de la sécurité et les Iraniens sont en pleine élection législative. Les pays du Golfe ont consacré quelques chroniques sur la tournée de Bush au Moyen-Orient ainsi que sur la fin de son mandat, mais très peu d’articles sur les nouveaux candidats à la présidence.
La presse israélienne, en revanche, suit de très près ces élections, notamment le quotidien de gauche Haaretz à travers son correspondant américain Schmuel Rosner. Le Jerusalem Post (situé à droite, plutôt libéral) couvre également cet événement, mettant en évidence sur son site des opinions assez variées.
A/ L’Iran et les pays arabes
D’après Pamela Chrabieh Badine, chercheuse invitée au centre d’étude islamo-chrétien à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, les libanais seraient plutôt « désintéressés qu’intéressés » à ces élections, et pour la partie « intéressée : plutôt fataliste n’espérant qu’un changement positif à court ou moyen terme ». « Les talk-shows politiques n'ont pas accordé à ce jour des émissions spéciales sur les élections présidentielles aux Etats-Unis et rares sont les articles de fond que l'on trouverait dans la presse », explique-t-elle. « Au vu de la crise actuelle, les libanais sont soit entraînés par la politique interne ; soit vaquent-ils à leurs occupations quotidiennes : assurer de quoi vivre en restant au pays ou en émigrant ».
Malgré l’absence de débat sur les élections , les candidats démocrates ; « symbole de la montée des minorités » comme le souligne l’agence de presse étudiante iranienne ISNA, suscitent l’intérêt. En particulier le sénateur de l’Illinois Barak Obama auquel les médias arabes n’omettent pas de préciser son deuxième prénom « Hussein ». Comme l’explique Madhi Jahandar, ancien directeur des relations publiques du réseau des mosquées de Téhéran, « la martyr d’Hussein à une portée symbolique très forte dans l’Islam chiite. Ce n’est pas un hasard si les journalistes orientaux y font référence ».
Ainsi Hossein Derakhshan, blogger irano-canadien et ancien journaliste réformateur à Téhéran écrit le 3 janvier 2008 : « Si Barak ‘Hussein’ Obama est élu à la Maison-Blanche , le monde pourra être tranquille pendant quatre ans. Ne possédant pas de liens étroits avec les lobbies, Obama se concentrera surtout sur la politique intérieure de son pays.
Hillary Clinton serait en revanche pire que Bush[1] ». De même, le chroniqueur arabe Jihad el-Khazen a écrit dans le journal panarabe publié à Londres Al-Hayat : « Beaucoup d’arabes soutiennent le candidat Barak ‘Hussein’ Obama à la présidence. J’avoue avoir moi même une préférence pour lui parce qu’il est noir. Mon expérience du congrès américain m’a montré que les représentants de la « cause noire » sympathisent plus facilement avec nous […] Toutefois, les arabes et les musulmans ne doivent pas se faire d’illusions. Comme tout bon politicien américain, Barak Obama se soucie d’abord de lui même avant le reste[2] ».
Jihad el-Khazen relate que le candidat démocrate a fait référence, comme Bush, aux « Etats voyous » et qu’il a déclaré être prêt à poursuivre les terroristes au sein des frontières pakistanaises avec ou sans l’accord du gouvernement. L’auteur remarque également le silence d’Obama lors des frappes israéliennes au Liban et sur Gaza. Il ajoute qu’au final « aucun candidat à la présidence ne pourrait formuler un soutien explicite envers la cause arabe, car cela représenterait un suicide politique. Le lobby israélien et les pro-guerres ne feraient que déstabiliser le candidat avec tous les moyens financiers et médiatiques nécessaires[3]».
Cette réflexion reflète ce qui ressort du forum de discussion proposé par le site d’Al-Jazeera en version anglaise. Le sujet proposé était « Quel impact peut avoir les élections américaines sur votre pays ?». Les commentaires provenant du Moyen-Orient présentent une tendance fatalise certifiant que rien ne changera avec le prochain Président Américain. Les Etats-Unis étaient un grand pays mais leur système est aujourd’hui régi par de puissants lobbies ainsi que des firmes corporatives.
Néanmoins, Hillary Clinton comme Barak Obama sont parfois cités car ils demeurent le meilleur choix face aux Républicains.
Ron Paul est le seul candidat Républicain qui ressort régulièrement sur les forums et blogs moyen-orientaux. Ce dernier, qui a réussit à amasser 4,3 millions de dollars en 24h par le seul biais de l’Internet, a de quoi séduire les « électeurs » de la région : retrait immédiat des troupes d’Irak, politique étrangère de non-intervention, et fin de toutes alliances avec les autres pays (et donc Israël)[4].
Malgré tout, Hillary Clinton et Barak Obama sont les candidats les plus cités à travers la presse et les sites Internet de la région. « Concernant Hillary Clinton, les gens se disent qu’une femme, ce ne serait pas mal pour une fois », souligne Pamela Chrabieh Badine. Elle ajoute que « Barak Obama reste le favori. Il est vu comme un jeune hautement qualifié et prometteur et aussi parce qu’il opte pour un retrait des troupes américaines de l’Irak. Du moins, c’est ce que j’entends personnellement dans mon environnement, social et académique ». Le sénateur de l’Illinois est le candidat le plus souvent cité lorsque les médias arabes évoquent les élections. Obama suscite l’intérêt et la curiosité par tous les nouveaux symboles qu’il incarne. Sa couleur de peau, son enfance, son métissage ainsi que sa famille.
B/ Israël
La religion d’Obama provoque aussi des interrogations. De nombreuses rumeurs lancées sur le Net affirment que Barak Obama est fils d’un musulman Kenyan, et qu’il a étudié dans une école coranique (Madrasa) lors de son enfance en Indonésie. Bien qu’aucune preuve ne soit parvenue jusqu’ici à authentifier cette affirmation, les questions ne manquent pas en Israël, en particulier sur les conséquences qu’apporterait un Barak Obama président.
Le quotidien israélien Maariv avait titré en première page de son journal « Inquiétude à Jérusalem sur la présidence d’Obama ». Le journal, tout en citant des « officiels israéliens », expliqua que le manque d’expérience en politique étrangère du candidat ajoutée à ses appels au dialogue avec l’Iran éveillaient l’inquiétude du gouvernement israélien. Les sources restèrent anonymes[5].
Quelques semaines après ces informations, l’ancien ambassadeur israélien à Washington, Danny Ayalon, a écris dans le Jerusalem Post « qu’il faut suivre la candidature d’Obama avec une certaine inquiétude ». Encore une fois, sa politique d’ouverture à l’égard de Téhéran est mise en avant. « Depuis le début de sa campagne, il dit qu’il serait prêt à rencontrer le Président de l’Iran, mais il reste encore trop d’obscurité sur ce qui va être dit dans cette rencontre. […] Obama n’a pas donné d’objectifs clairs sur les conditions et propositions qu’il va donner aux iraniens afin de démanteler leur programme nucléaire[6] ».
Ces déclarations n’ont pas manqué de provoquer diverses réactions au sein de la presse israélienne. Le correspondant de Haaret’z Schmuel Rosner s’interroge sur son blog sur les raisons qui ont poussé Danny Ayalon à écrire de tels propos : « Lorsqu’un ancien ambassadeur -d’autant plus un diplomate qui a quitté ses fonctions il y un an tout au plus-, se sent concerné par la candidature d’un politicien américain, cela ne peut passer inaperçu », a-t-il écrit. « Il serait fort compréhensible que la campagne d’Obama soit touchée par cet article[7] ».
L’ancien diplomate Alon Pinkas avait déjà écrit dans le Jérusalem Post -peu après les affirmations soutenues par le quotidien Maariv-, que la campagne menée sur Internet contre Barak Obama n’est rien de moins que de la désinformation. « Obama n’est pas mauvais pour Israël. […] Il n’a jamais dépassé une limite que les israéliens estimeraient incompatible avec ce qu’une politique moyen-orientale pro-israélienne devrait être[8] ».
Shmuel Rosner ajoute d’ailleurs que ce n’est pas un hasard, au regard de toutes les rumeurs, si le sénateur de l’Illinois a envoyé une lettre à Zalman Khalilzad, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU ou il est écrit : « Nous sommes tous inquiets des conséquences que peuvent entraîner le blocage israélien sur les familles palestiniennes. Toutefois, nous devons également comprendre pourquoi Israël est obligé de se défendre ». Tout comme ce n’est pas un hasard si Obama a été photographié au sein de différentes églises récemment[9].
Hillary Clinton ne provoque pas autant de réaction auprès des israéliens, et bénéficie déjà d’un fort lien affectif grâce à son mari, son statut de minorité n’est pas vraiment pris en compte. « Ce n’est pas une surprise pour nous. Nous avons déjà eu une femme Premier Ministre ici » exprime pour le Jerusalem Post Itzik Nir, citoyen israélien.
« Nous sommes très influencés par ce qu’il se passe aux Etats-Unis. Les gens ici estiment que c’est dans leurs propres intérêts de supporter Hillary » ajoute-t-il.
Pour le Jerusalem Post, être l’épouse de Bill Clinton représente un formidable avantage pour un pays qui le décrit régulièrement comme un ami proche, attaché à l’Etat hébreu par un lien émotionnel et non politique. Lorsque qu’il a quitté la présidence américaine en 2000, un sondage israélien a démontré qu’une grande majorité de la population était prête à le laisser diriger Israël s’ils avaient l’opportunité de voter pour lui. « J’apprécie Hillary Clinton car c’est la personne la plus proche après son mari » lance Robert Grosz, autre citoyen israélien.
D’après les personnes interrogées par Jerusalem post, les israéliens ne doutent pas vraiment du soutien étroit à Israël que donnera le prochain Président[10].
Les médias israéliens parlent moins des Républicains que des Démocrates. Toutefois, Rudy Guliani est considéré comme le plus pro-israélien et le plus proche de la communauté juive américaine. Le Journal Haaret’z a classé par ordre hiéarchique les candidats américains les plus en phase avec les intérêts israéliens. Guliani, ancien maire de New-York, ville qui regroupe la plus grande communauté juive après Israël, est classé premier avec comme commentaire : « L’ancien maire de New York a refusé une aide de 10 millions de dollars d’un prince saoudien après les commentaires de ce dernier sur le 11 septembre ».
John Mc Cain arrive à la deuxième place, en estimant que l’état hébreu à droit à toute la technologie nécessaire pour assurer sa défense. Hillary Clinton est quatrième et Barak Obama finit dernier juste derrière Mike Huckabee qui figure lui aussi comme un des grands inconnus des élections pour les israéliens[11].
23:25 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Good news
Bonne nouvelle ! Je vais être publié dans le Revue Internationale et Stratégique de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques de Paris) qui sort au mois d’avril prochain. C’est un article qui reprend le thème de mon mémoire et qui garde par conséquent le même titre : « Stratégie politique iranienne : Idéologie ou pragmatisme ? »
Rendez vous au mois d’avril donc.
22:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Tenir la distance
J’ai commencé à écrire ce post le 25 janvier, une date particulière pour moi, car il y a un an jour pour jour, ma banque m’avait appelé pour me mettre le nez dans les dettes. Un an après, je suis en stage à Montréal, je dirais donc que c’est le bon moment pour faire un premier bilan.
Je connais bien le Québec, j’y avais déjà vécu quelques mois dans le cadre d’un échange étudiant. Je n’ai donc pas vraiment eu de problème pour tout ce qui concerne les aspects « pratiques » du voyage : les rapports humains, les affaires administratives, les moyens de transports etc. En plus, le Canada, ce n’est pas le Kazakhstan, il est beaucoup plus facile de prendre ses repères.
Je vis d’ailleurs en colocation avec une personne dans un grand appartement (6 pièces, alors que je payais le même loyer dans un 30m2 en colocation à Paris) et motivée par ma philosophie œil du tigre, je me suis inscrit à une salle de kickboxing. Non pas une salle de fitness pour jeunes cadres dynamiques gagnant 8000$ par mois et qui aimeraient ressembler au type de la pub Gilette Mach 4 ; mais une vraie salle de boxe puant la sueur et la rue, le tout couvert par de la musique rap et un entraîneur latino. Le premier cours était tellement intense que j’ai vomi dans le vestiaire. Au moins, on pourra dire que je me suis imposé dès mon arrivée.
Concernant le stage, Ca se passe aussi très bien. Déjà je n’ai pas vomi mais surtout j’ai un bureau avec une baie vitrée qui donne sur le centre de Montréal. Il suffit de prendre mon café en lisant The Economist pour me croire dans un film. Mon premier boulot est plutôt cool, je dois faire une revue de presse détaillée sur la perception des élections américaines au Moyen Orient, comment sont perçus les nouveaux candidats à la Maison-Blanche ? Quel espoir de changement ? Je sais que je me répète mais c’est vraiment plus sympa que le cappucino glacé (avec une pointe de chantilly, le tout saupoudrés de cacao…).
Je me lamentais beaucoup sur mon sort l’année dernière. Aujourd’hui, je réalise la formidable opportunité qui s’offre à moi. Je travaille dans un cadre passionnant et j’ai la possibilité d’envisager des projets d’avenirs. Je sais aussi qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait donc autant profiter un max du séjour.
Ceux qui me connaissent doivent être étonné de cet excès de pensée positive. Je vais donc les rassurer tout de suite : Je n’avais pas cette vision la les premiers jours. J’avais peur. Pas une peur visible qui peut se rassurer à coup de calmants et d’épisode des Simpsons (d’ailleurs maintenant je me suis mis sur les Sopranos). Mais une peur beaucoup plus vicieuse qui s’exprime par des tas de réactions impulsives parfois incompréhensibles.
Pour citer quelques exemples : 1) Je me réveille dans mon nouvel appart, ma colocataire possède un labrador qui veut s’imposer et me grogne dessus. Une heure après j’étais à la recherche d’un nouvel appart, persuadé que le chien allait me sauter dessus une fois que j’allais prendre ma douche. 2) Une personne au travail me dit jamais bonjour. J’ai beau le regarder dans les yeux et lui demander si ça va, il ne me répond pas. J’ai failli me lever et lui faire un coup de pression du style lascar avec un accent marseillais : « Ho il y a un problème ou quoi ? Tu veux qu’on s’explique ? Viens on va dehors ? » (Oui le kickboxing donne parfois un excès de confiance en soi). 3) Je suis sorti à deux reprises depuis mon arrivée ici. A chaque fois, je fais la fête comme si j’allais faire la tournée des bus à Tel-Aviv le jour d’après (bon ça à la limite, ça ce n’est pas très grave. Faire la fête, pas la tournée des bus). 4) Je regarde le site d’une agence de placement à Montréal. Il recherche des commerciaux pour des banques. Avant même de commencer mon stage, je me dis « Après tout je suis bon la dedans et puis ça paye pas si mal.. ».
Maintenant rien de tout cela n’est arrivé. Je suis resté dans l’appart, le chien veut tout le temps se faire caresser. Je n’ai encore boxé personne dans mon bureau (ni vomis, j’insiste). Je ne suis pas en train d’ouvrir des comptes en banques au Canada et je ne mets pas encore le feu dans les soirées Montréalaises (cela par contre ne saurait tarder). La chance que j’ai et elle est de taille, c’est que je me suis déjà laissé avoir à Paris. Cette fois, j’arrive un peu à me maîtriser.
Finalement Paulo Coelho a raison. On a tous pensé qu’il se moquait bien de nous avec ces livres répétant sans cesse le même thème : Qu’il faut croire en ses rêves et ne pas abandonner sur un coup du destin. Qu’il faut faire attention aux signes extérieurs qui ne sont jamais le fruit du hasard. Qu’il faut acheter son livre pour se sentir mieux. Qu’il faut aussi porter des chaussures Nike, etc. Mais si il y a un point où je ne peux pas lui donner tort, c’est qu’à l’approche de nos objectifs, la peur nous envahit et on risque de perdre le contrôle. Je ne connais pas vraiment de formule miracle pour surpasser cette étape. La seule chose dont je suis sur, c’est qu’il faut être patient, garder son sang froid et surtout tenir la distance.
Si je suis les leçons de Paulo Coelho, j’ai peut être fait deux rencontres qui ne sont pas dû aux fruits du hasard. La première c’est Yakov M Rabkin, professeur à l’Université de Montréal, spécialiste en histoire soviétique et en histoire juive qui avait suscité une importante controverse avec la sortie de son dernier livre : « Au nom de la Torah. Une histoire de l’opposition juive au sionisme » (le titre se suffit à lui même je crois ). Dans le cadre d’un éventuel projet commun dont je donnerai les détails le moment venu, Nous avons discuté sur la place que tient le Moyen Orient au Canada. « C’est un domaine qui n’est pas encore assez développé » m’explique Yakov. Je rétorque alors que je suis peut être arrivé ici au bon moment. Il me répond :
- « Bien sur ! Vous connaissez l’histoire du commercial canadien et du commercial américain ? Ce sont deux vendeurs en chaussures qui partent en Afrique afin de prospecter le marché. Le Canadien est plutôt déçu, il remarque que personne ne porte de chaussures ici et conclut que le marché ne doit pas être porteur. Lorsque l’Américain arrive et observe les gens, il s’exclame : « Whoa ! This is a crazy new market ! Nobody wear shoes !! » ».
La deuxième rencontre s’est faite au Kickboxing. Au début, je me défoulais, je frappais vite et fort mais un peu n’importe comment. Puis je me suis retrouvé face un petit jeune, typé sri lankais, qui ne paye pas de mine mais qui tape comme un champion. En m’entraînant avec lui, il me reprenait à chaque fois : « Ca ne sert à rien de vouloir aller trop vite. Tu ne protèges pas ta garde comme ça. Tu risque surtout de te faire mal… »
A méditer.
03:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


