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21.02.2008
Redemption
Cette semaine, j’ai parlé de mon voyage au Kazakhstan au sein de mon stage. Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’était pas volontaire. Il est vrai qu’à une certaine période, on prenait connaissance de mes « malheurs » avant même de connaître mon nom. Cette fois pourtant, c’était différent.
Une fois par mois, un membre de l’équipe doit faire une petite présentation lors du lunch break sur le sujet de son choix. Le thème importe peu, ce qui compte c’est de parler un peu de soi. Une manière très américaine de rapprocher les gens.
J’ai toujours parlé du Kazakhstan de deux façons. Dans la première, je prenais ma voix de jeune étudiant parisien, sorti tout droit d’une école de commerce payé par papa pour dire que le Kazakhstan c’est génial, parce qu’il y a du fric, du pétrole, des nouveaux marchés et même le représentant de Total (ridicule…). Dans la deuxième approche (la plus connue jusqu’ici) je résumais mon expérience en quelques secondes : « je suis parti au Kazakhstan, j’ai perdu de l’argent et ce sont tous des en…). Il fallait donc que je fasse une présentation un peu plus soigné.
Pour la première fois, j’ai parlé de mon expérience avec du recul et surtout en essayant de rester moi même. Je ne vendais pas un projet commercial, je ne crachais pas ma haine. J’ai tout de même reconnu que j’étais déjà déçu du projet avant même d’avoir des problèmes d’argents. Le projet Kazakhstan avait une connotation « business » qui ne me correspondait pas. Je garde un excellent souvenir de ma conversation sur le trafic d’arme avec les jeunes mafieux Kazakhs, mais je n’ai en aucun cas trouvé transcendant ma rencontre avec Total. C’était déjà une première « claque » relative à l’énergie que j’avais investi dans ce projet. Il fallait tout de même que je me rende la bas pour en prendre conscience.
Le meilleurs moment de ma présentation fut bien sur la fin. « Après plusieurs mois à travailler en tant que garçon de café, j’ai finalement réussi à soutenir mon mémoire. Il fallait ensuite passer à autre chose. Comme je garde de bons souvenirs de mes études au Québec, j’ai choisis de partir pour Montréal, et quelques mois plus tard, je me retrouve ici devant vous à parler de mon voyage au Kazakhstan ».
Le public a apprécié. Moi aussi.
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