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31.03.2007
A JustBeMe CoffeeTime spécial "Otages Britanniques"
Rien ne vas plus, 15 otages britanniques ont été enlevés. On parle de guerre, on parle de paix. On veut calmer le jeu, mais on se la joue musclé. Que pense la presse de toute cette affaire ?
Du côté britannique, les journaux appellent plutôt le Foreign Office de Londres à garder l’option diplomatique. «Ce n’est pas le moment de brandir des menaces hasardeuses ou exagérées» déclare le quotidien Times du vendredi 30 mars. Cette crise «ne doit pas être utilisée comme un appel aux armes par des personnes qui auraient d'autres vues (c'est-à-dire les partisans d'une attaque armée contre l'Iran)», écrit Ali Ansari, directeur de l'Institut de recherche sur l'Iran, à l'université de Saint Andrews.
Les journalistes anglais, sont en grande majorité derrière les efforts de Londres pour obtenir la libération des quinze marins, mais n'oublient pas de préciser ce qu'ils jugent être les causes de cet enlèvement. Ali Ansari, dans le Times, rappelle le rôle d'allié que joue la Grande-Bretagne aux côtés des Etats-Unis et conclue : «La Grande-Bretagne est, bien sûr, une cible idéale» pour l'Iran.
Le Guardian, quotidien fermement opposé à la guerre en Irak depuis le début de l'intervention a en revanche des propos assez amers sur la politique étrangère britannique . Ronan Bennett, évoquant la diffusion d'images montrant les otages, titre vendredi 30 mars "Un outrage de façade". Il rappelle que l'une des otages, Faye Turney, a peut-être été forcée de porter le voile islamique, mais que ses ravisseurs ne l'ont pas obligée à se vêtir d'une combinaison orange, comme les détenus de Guantanamo. «On ne leur a pas attaché des électrodes aux parties génitales. Ils n'ont pas été attaqués par des chiens», poursuit l'éditorialiste, en une référence aux tortures perpétrées dans la prison irakienne d'Abou Ghraib.
En revanche, le site Internet du tabloïd Daily Mail recueille des commentaires plutôt agressive envers la république islamique. L'un des visiteurs affirme : «Si notre frégate s'était opposée à l'attaque des navires iraniens, il n'y aurait eu aucun problème. » Un autre écrit de Chicago (Etats-Unis) : «Une majorité d'entre vous en Europe critique les Etats-Unis pour leur politique agressive envers les terroristes. Vous noterez que l'Iran a choisi d'enlever des Britanniques et non des Américains. Je pense que vous comprenez pourquoi. Vous devez vous défendre, ou alors commencez à parler français comme votre voisin européen.»[1]
Du côté iranien, les bloggers se révèlent très critiques concernant les actions menées par leur gouvernement qui va selon eux ne faire qu’isoler encore plus la république islamique sur la scène internationale. «Cet incident va encore provoquer des gros titres négatif sur l’Iran», affirme Mr. Behi. «Je ne comprend rien à l’administration iranienne, qu’es ce qu’ils essayent de faire avec ces soldats ! J’espère sincèrement que cela ne provoquera pas une stupide réaction militaire». Il ajoute, que ce fleuve, le Chatt –Al-Arab situé entre l’Irak, l’Iran et le Koweït, constitue depuis longtemps une dispute territoriale[2]. C’était l’argument utilisé par Saddam Hussein dans les années 80 pour déclarer la guerre à Téhéran.
Une américaine qui vit à Téhéran avec son mari depuis quelques années a exprimé de vives critiques face à la position du gouvernement iranien dans cette affaire. «Aujourd’hui, je suis convaincu à 100% que les marins britanniques ne se trouvaient pas dans les eaux iraniennes. Je le dis car c’est la première fois que je vois l’occident, et particulièrement la Grande Bretagne montrer des preuves aussi rapidement et avec autant de détails. Habituellement, dans ce type d’affaire, personne ne montre de preuves»[3].
Pour Bernard Hourcade chercheur sur l’Iran au CNRS, il n’y a pas de réelle stratégie au niveau interne de la part du gouvernement. La plupart des iraniens sont en vacances en raison des fêtes religieuses célébrant la nouvelle année iranienne. «Pour ceux qui en Iran, sont hostile à une stratégie pacifique et à une négociation avec la communauté internationale, c’est un moyen de gagner du temps», explique-t-il. «Pendant que les otages sont pris, Tony Blair ne peut pas discuter avec les iraniens, et c’est donc du temps de gagné pour les gens qui travaillent à l’enrichissement de l’uranium.[4]». Des similitudes sont à faire avec la prise d’otage de l’ambassade américaine en 1979, puisque une éventuelle coopération entre le nouveau régime iranien et le gouvernement américain, fut brutalement mis de côté par l’œuvre d’une minorité à travers l’action effectuée contre les officiels américains à Téhéran. Là encore, en 2007, c’est une partie au sein du gouvernement qui pousse l’Iran à un point de non-retour.
La presse américaine d’ailleurs n’hésite pas à faire la connotation avec cette ancienne prise d’otage en nommant l’actuelle crise : «L’affaire des otages britanniques». Washington développe une attitude contradictoire car en dépit de déclaration très discrètes sur le sujet, les manœuvres militaires dans le Golfe persique n’ont jamais été aussi élevées depuis 2003.
Le Blogger irano-canadien Hossein s’est contenté de mettre les commentaires de visiteurs sur le site web de la BBC, qui se montrent en majorité critiques envers la politique étrangère britannique[5].
Enfin, concernant la presse israélienne. Le blog du Jérusalem Post diffuse les opinions de divers éditorialistes sur l’attitude «conciliante» du gouvernement britannique face à l’action de Téhéran. Les avis divergent mais ce qui ressort est l’influence très forte qu’exerce la couverture des médias par rapport à la communication de Londres:
Question #28
Are you surprised by the relatively low-key reaction to Iran's kidnapping of the British soldiers? How do you see this crisis unfolding? David Horovitz: The British plainly preferred to hope that they'd be able to sort this out quietly, behind-the-scenes. The British media and the families evidently felt the same.There was none of the Israeli-style media blitz at the homes of the relatives, no personal dramas and tears played out on the nightly news or in the daily papers.
But the assumption, or at least the hope, that common decency would quickly prevail, and that the 15 would be swiftly freed, has crashed headlong into the cynical ruthlessness of the Iranian regime.
It's a bitter lesson for the British about the some of the norms in our neighborhood. We'll see how this episode plays out, but plainly this Iranian leadership is on a determined collision course with the free world and its values, and the sooner the free world internalizes the extent of the threat, the better.
Editor's Notes: No happy ending
Calev Ben-David: The initial low-key reaction was not surprising, because this is how the UK reacted after a similar incident in 2004 when eight British sailors were taken prisoner by Iran, and only released after "confessing" that they had trespassed into Iranian waters.
What actually is surprising now are the growing signs this time that Prime Minister Tony Blair will take a tougher stance toward Teheran in the current crisis.
The releasing of evidence showing the sailors were in Iraqi waters when captured, the freezing of UK-Iran ties, and the hint by Blair of more aggressive actions if the sailors are not released soon, already push the current situation several layers beyond what happened three years ago.
The likely reason is that London correctly perceives that the Iranians are holding the sailors hostage as a tactic in its conflict with the international community over its nuclear program, and possibly as a bargaining chip for its intelligence agents arrested earlier on in Iraq.
More surprising - or not - is the way some of the international media have been covering this crisis. It's incredible that only on Wednesday did the International Herald-Tribune finally put the story on page one.
Several media outlets seem intent on downplaying this story, because perhaps because they are uncomfortable focusing on the increasingly extreme actions of Ahmadinijad's regime, as it doesn't jibe with an editorial outlook that rejects wholesale whatever policies the Blair and Bush administrations are taking in response to the threat of Islamic extremism in the region.
This is THE story right now in the region, certainly far more important than some of the recent maneuverings in the Israeli-Arab peace process.
Snap Judgment My day in court
Pour finir, le régime islamique vient de déclarer que les otages risques d’êtres jugés si jamais au cas où des preuves démontreront leurs culpabilités. Pour en savoir plus :
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1173879219228&...
[1] http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-890147,0.html
[2] http://mrbehi.blogs.com/
[3] http://viewfromiran.blogspot.com/
[4]http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0,32-890135,0.html
[5] http://hoder.com/weblog/
[6] http://blogcentral.jpost.com/view.php?cat_id=4&blog_id=61&blog_post_id=990
14:50 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Iran, Grande bretagne, otages britanniques, Irak
30.03.2007
Une nouvelle guerre froide?
Prenant en compte la situation désastreuse en Irak, la Maison Blanche a décidé de définir une nouvelle stratégie au Moyen Orient, beaucoup plus pragmatique, qui consiste à maintenir les tensions entre chiites et sunnites à travers une alliance avec la monarchie saoudienne et les pays arabes, cela dans le but de faire pression sur Téhéran.
Seymour M. Hersh, célèbre journaliste d’investigation pour le New Yorker relate la nouvelle direction que prend Washington au Moyen Orient. L’analyse est extrêmement bien détaillé et prend en compte tous les aspects de cette nouvelle «guerre froide» en donnant la voix à différents acteurs de la région. On a même droit à une interview du Cheik Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, qui vit actuellement dans un endroit tenu secret.
Bref, régalez vous
http://www.newyorker.com/reporting/2007/03/05/070305fa_fa...
23:10 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2007
"Alive in Baghdad": les irakiens s'expriment
C’est l’histoire de Brian Conley, un jeune cinéaste américain qui, après un an de préparation à la langue arabe et à l’histoire irakienne, décide de partir trois semaines à Bagdad afin de rencontrer et raconter les chroniques ordinaires des irakiens.
Un an après, pour l’été 2006, Conley revient en Irak avec le matériel vidéo nécessaire pour proposer des formations aux jeunes journalistes locaux dans le cadre du projet «Alive in Baghdad». Ce projet, qui prend à revers le très utilisé «A Live from.. » dans les émissions américaines, permet de dresser un portrait plus intimiste et varié de la société irakienne. Aujourd’hui, ce sont les irakiens eux mêmes qui produisent chaque semaine textes et vidéos afin de faire partager l’émotion, le ressenti, la sensibilité d’un peuple qui connaît son lot de massacres quotidien.
Encore une fois, le thème d’ «Alive in Baghdad» permet de nous faire sortir d’une vision binaire pour mieux connaître la diversité d’une véritable société civile. Avant d’être chiite ou sunnite, on parle de féministe, de poète, de commerçant, de blogger, d’étudiants en médecine, ou encore de chauffeurs de taxi.
Les vidéos parlent d’elle mêmes. La dernière fait mal, car elle narre les conséquences d’une violence extrême face à une population qui ne demande qu’a vivre en paix.
Pour plus d’info :
http://aliveinbaghdad.org/2007/03/19/four-years-later-spe...
http://aliveinbaghdad.org/2007/03/26/japanese-iraqi-solid...
23:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.03.2007
Next stop to Teheran
Ca y est, j’ai obtenu mon visa iranien. Comme je dois m’y rendre avant juin, il va falloir que j’organise très rapidement mon voyage. J’avais dis que ma prochaine destination serait le Liban, mais au vu de mes derniers rebondissements financiers, je passerai d’abord par Téhéran.
J’en ai profité pour écrire à Hossein Derakhshan, le blogger iranien qui s’est rendu plusieurs fois en Israël afin de savoir si je ne risquai pas de problème par rapport à mon voyage précédent.
Voici sa réponse :
“Hey Julien,
It's wonderful that you're going to Iran. :) I wish more people are as
couragous as you are.
But if you have the Israeli stampin your French passport, chances are
they won't let you in Iran. Talk to Iranian embassy about it.
With mehr »
Au regard du respect que j’ai pour le travail de Hossein, je suis très flatté par ce email. En revanche je me vois très mal parler d’un tampon israélien à l’ambassade d’Iran (« Salut c’est John Mc Clane, je reviens d’Israël et je veux me rendre à Téhéran. Comment on fait ? »)
De toute façon, j’ai déjà obtenu le visa, ce n’est donc plus un problème.
12:30 Publié dans Carnet de voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
PeaceMaker: le test
Le week-end dernier, j’ai eu l'occasion de tester Peacemaker, un jeu vidéo dont l’objectif est de régler le conflit israélo-palestinien en utilisant les méthodes nécessaires à l'obtention du prix Nobel de la paix. Le premier soir, j’ai incarné le rôle du premier ministre israélien et en moins d’une heure et demi, j’ai contribué à la création d’un état palestinien avec des liens commerciaux très forts entre les deux pays.
Le lendemain, j’ai pris la place du chef de l’état palestinien. Je ne cache pas que ce fut un peu plus difficile car d’une part on ne possède pas le même budget financier, mais en plus, il faut jongler entre les conflits internes, les nations unis, les occidentaux, les états arabes et l’état hébreu. J’y ai passé quelques heures, mais j’ai réussi à créer un véritable état palestinien avec une force militaire structurée et encadrée tout en développant le tourisme.
J’en tire donc plusieurs conclusions :
- Mon destin ne se résume pas à servir des cafés
- J’ai mis le jeu en mode easy, donc la mise en situation n’est pas conforme à la réalité.
- Il est plus facile de régler les conflits du Proche-Orient chez soi, devant son ordinateur avec un bon lait chaud au miel, que dans la vie réelle
- La paix reste tout de même possible si chacun met un peu du sien en calmant ses propres extrémistes (je sais que cette phrase est ultra-cliché, mais je peux vous garantir que dans le jeu, la stratégie est payante)
Quoi qu’il en soit Peacemaker est assez captivant. L’interface est simple, la prise en main reste accessible à tous, débutants comme confirmés, et il suffit de quelques minutes pour s’immerger totalement dans l’ambiance diplomatique de la région. De plus, le fait de pouvoir interagir avec les éléments d’une situation géopolitique réelle offre de nouvelles perspectives aux joueurs, notamment l’idée de développer des simulations prospectives contribuant à l’effort de paix. Dommage toutefois que le jeu se termine aussi rapidement.
Puis sur le plan «JustBeMe», c’est assez sympathique : «Alors qu’es ce que t’as fais hier mec ?», «J’ai regardé un épisode des Simpson et après j’ai apporté la paix au Proche-Orient et toi ?», «Bah, j’ai juste maté un film».
Si certains ont eu l’occasion de tester le jeu, qu’ils n’hésitent pas à laisser des commentaires. Pour ceux qui veulent avoir plus d’info, le blog de Peacemaker se révèle intéressant :
10:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Teheran et Ryad dans la crise irakienne
En lisant un article très intéressant sur les conséquences que peuvent avoir la visite d’Ahmadinejad en Arabie Saoudite, je me suis permis de poser une question à l’auteur sur une éventuelle alliance pour stabiliser la crise irakienne. J’ai eu droit en réponse un autre post extrêmement riche en information. A moi donc de te remercier Manu pour ta réponse qui ma permis de relativiser sur le rôle et l’influence des différents acteurs concernant cette crise.
Vous pouvez retrouver les articles de Manu sur son Blog :
http://plongeon-dans-lactualite.blogspot.com/
Thursday, March 22, 2007
Quel rôle pour téhéran et Riyad dans la crise iraquienne ?
L'idée de ce nouveau message m'a été donnée par le commentaire de Julien suite à ce que j'ai écrit sur la visite d'Ahmedinejad en Arabie[1] et dans lequel il m'a posé la question suivante : "Selon toi, Est-ce que Ryad et Téhéran pourraient jouer un rôle en commun sur la crise irakienne?". Donc, merci Julien pour ta bonne critique, quant à ta pertinente question, voici comment j'envisage les choses :Avant de se demander si Riyad et Téhéran on un rôle à jouer en commun dans la résolution de la crise iraquienne, je pense qu'il faudrait voir tout d'abord si chacun d'entre eux a individuellement une réelle capacité de peser sur la tournure des évènements.
Tout d'abord en ce qui concerne l'Iran : ce pays est effectivement appelée, comme c'est le cas actuellement, à jouer un rôle dans la crise iraquienne car il jouit d'une influence certaine au sein de la communauté chiite qui représentent environs 60% de la population du pays. Il entretient en effet avec cette communauté des liens très étroits aussi bien stratégiques et financiers que religieux. Il convient de nuancer toutefois nos propos en ce qui concerne ces liens : comme le dit Olivier Roy[2], beaucoup de chiites iraquiens, notamment le très influent Ayatollah Ali el-Sistani, ne reconnaissent pas le principe de "Velayat el Faqih" (la prééminence du jurisconsulte qui, pour les Iraniens, est l'Ayatollah Khamenei, Guide Suprême de la Révolution) érigé par Khomeyni en principe constitutionnel en Iran. Cela explique en partie la position de Sistani, conciliante à l'égard des Américains et distancée vis-à-vis de Téhéran. Cela est dû à la différence entre deux école du chiisme : l'école iranienne de Qom qui reconnaît la prééminence du jurisconsulte et celle de Nadjaf en Iraq dont est issu Al-Sistani qui ne reconnaît pas ce principe. Aujourd'hui, 90% de chiites iraniens seraient partisans de l'école de Nadjaf. Contrairement à la théorie de "Velayat el-Faqih" qui institue la domination du religieux sur le temporel, une grande partie des Chiites d'Iraq, au grand dam de Téhéran, ne sont pas très chauds d'instaurer dans leurs pays une République Islamique selon le modèle iranien. Même Moqtada el-Sadr, disciple de l'école de Qom et neveu de Mohammed Baker el-Sadr dont les écrits ont inspiré Khomeyni dans la rédaction de la constitution iranienne garde quelque peu ses distances avec l'Iran. Il aurait reçu de Téhéran 2003 une offre d'aide matérielle et un appui politique en échange de son inféodation à l'Ayatollah Khamenei[3]. Son attitude quelque peu ambivalente vis-à-vis du voisin iranien pourrait bien être due à la différence ethnique entre les Arabes et les Perses qui sépare les deux pays et à laquelle sont sensibles beaucoup d'Iraquiens qu'ils soient sunnite ou chiites. Quant à la troisième autorité chiite du pays, l'Ayatollah Al-Hakim, il serait plutôt du côté de Téhéran, même si les sources divergent quant à son degré d'inféodation. A la lumière de ces informations, on peut dire qu'il serait réducteur de voir dans les chiites d'Iraq une communauté à la solde de l'Iran. Cela relativise par conséquent la portée du rôle iranien.
Pour ce qui est de l'Arabie Saoudite, il faut souligner que les rebelles sunnites en Iraq sont affiliés à Al-Qaeda et sont donc les premiers à appeler au renversement du régime saoudien, en mal de légitimité dans le monde arabo sunnite. Grâce à son titre de Gardien des lieux Saints (Haress el Harameiun et Charifein) que sont la Mecque et la Médine, le roi est respecté. Cela dit, l'absence de légitimité religieuse (non descendance du Prophète) couplée à une politique pro américaine auxquelles s'ajoutent les frasques de la vie personnelle des monarques (femmes, argent, alcool …) et des soupçons de corruption valent au régime les critiques les plus acerbes. Il est vu par beaucoup comme indigne de gouverner la terre où l'Islam a vu le jour et qui abrite ses deux villes saintes. On dit même que, si un jour le parapluie américain était levé de sur l'Arabie, le régime tomberait en quelques jours et le pouvoir reviendrait à la famille Al-Rachid, rivaux des Al-Saoud et descendants du Prophète. Tout cela pour dire qu'a priori, il est difficile d'imaginer aujourd'hui le Royaume, en mal de légitimité, avoir une quelconque influence sur la crise iraquienne. Pourtant, les choses risquent de changer dans un futur proche. En effet, sous l'impulsion du nouveau roi Abdallah, et notamment en raison du conflit régional entre sunnites et chiites qui, de jour en jour se fait de plus en plus apparent, Riyad ambitionne dorénavant de jouer les premiers rôles[4]. Cette nouvelle orientation est menée par le Roi Abdallah qui se distingue de ces prédécesseurs par sa piété, l'absence d'histoires de mœurs ou de corruption à son sujet et par son refus de se soumettre inconditionnellement aux desideratas du protecteur Américain. Il jouit donc du respect des religieux et d'une grande partie de l'opinion publique, il dispose par conséquent de nombreux atouts pour s'affirmer comme un pôle aux yeux des sunnites de la région, notamment ceux d'Iraq. Paradoxalement, l'obstacle le plus important que pourrait rencontrer l'Arabie dans sa quête de leadership du monde sunnite sont les Etats-Unis. En effet, ces derniers pourraient voir d'un mauvais œil la montée en puissance de leurs alliés traditionnels car celle-ci pourrait les rendre, à terme, moins dépendants de leur protection. Il s'est d'ailleurs dit au moment de l'invasion de l'Iraq, que les Etats-Unis cherchaient à diminuer leur degré de dépendance vis-à-vis du pétrole saoudien.
Bon, j'espère que ces quelques lignes t'ont donné des pistes de réflexion qui te permettront d'arriver à une réponse à ta question.
[1] Voir http://plongeon-dans-lactualite.blogspot.com/2007/03/ahma...
[2] Voir http://www.minorites.org/article.php?IDA=1263
[3] Voir (en arabe) http://www.albainah.net/index.aspx?function=Item&id=1...=
[4] Voir http://plongeon-dans-lactualite.blogspot.com/2007/02/la-c... Labels: Arabie Saoudite, crise iraquienne, Iran, Iraq posted by Manu @ 6:18 AM
09:45 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.03.2007
A MissWorldwide moment
Ben oui, cela ne peut pas être un « JustBeMe moment», vu que c’est MissWorldwide (http://missworldwide.blogspot.com/) elle même qui m’a envoyé ces deux articles.
Le premier est assez étonnant puisque d’après le Jerusalem Post[1], Jacques Chirac aurait affirmé, lors du dernier conflit libanais, soutenir les forces de défenses israéliennes si jamais celles-ci lançaient un assaut contre la Syrie. La radio de Tsahal a affirmé que le Président français délivra ce message envers Israël à travers un canal crypté. L’article n’a pas manqué de susciter des commentaires, notamment sur le fait que ce sont toujours les mêmes qui font le sale boulot.
Eytan Gilboa, chercheur associé pour le Begin-Sadat Center for Strategic Studies à Tel-Aviv, m’avait expliqué qu’Israël était habitué à ce genre de tâche. Après tout, c’est bien l’aviation israélienne qui avait détruite l’ancienne centrale irakienne de Saddam Hussein OSIRAK, centrale nucléaire mise au point grâce à la technologie française. Il avait ajouté que Tsahal risque de remédier à ce genre d’opération avec la crise iranienne.Sinon, le deuxième article fait grand débat en Israël, puisque Bradley Burdson, chroniqueur pour le quotidien Haaretz propose de réformer les paroles de la «Hatikva», l’hymne national israélien afin que la population arabe-israélienne puisse s’y identifier.
La chronique a été publié le 18 mars, nous sommes le 21 mars et à ce jour il y a eu 370 commentaires. Si vous voulez y participer : http://www.haaretz.com/hasen/spages/838984.html
[1]http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1173879109084&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull
16:30 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.03.2007
Rebondissements...
Sur l’attentat du 13 février à Aïn Alak au Liban, qui avait fait trois morts et une vingtaine de blessés, Alain D et Siska, spéculaient sur une ingérence iranienne ou israélienne, plutôt que sur une autre action de Damas voir d’un groupuscule palestinien. Mais «un coup de filet spectaculaire» a permis aux Forces de sécurités intérieures libanaises (FSI) de mettre la main sur quatre membre d’un groupe terroriste, le Fateh al-Islam dont l’un fut l’auteur du double attentat du mois dernier. La nouvelle a été annoncée par le ministre de l’Intérieur, Hassan Sabeh, et le directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, qui en ont informé le Conseil des ministres. M. Sabeh et le général Rifi ont déclaré que le Fateh al-Islam n’était que le prête-nom du Fateh-Intifada, un groupuscule palestinien « qui travaille de près avec les services de renseignements syriens ».
Dans un communiqué distribué dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, le Fateh al-Islam a démenti, par la voix de son chef local, Chaker el-Absi, toute implication dans l’attentat de Aïn Alak tout en proférant des menaces à peine voilées. Selon une source gouvernementale, les six personnes arrêtées ont également avoué des préparatifs d’attentats contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
D’après Nicholas Noe, responsable de http://www.mideastwire.com/, un service de traduction en anglais des journaux émettant en arabe ou en farsi, ce transfert représente un des meilleurs coup pour les services de renseignements américains et israéliens :
- Ashgari avait le statut de Major-Général au sein des Gardiens de la Révolution
- Il dirigea les groupes révolutionnaires Pasdaran au Sud-Liban dans les années 90 pour une période de deux ans. Il a également travaillé en Syrie, au Soudan, au Pakistan et en Afghanistan.
- Il fut l’un des responsables de la logistique au sein du département de la défense iranienne lors de la guerre Iran-Irak dans les années 80
- Il dirigea le comité générale responsable à la bonne conduite de la production d’armement en Iran.
- Il fut le conseiller d’Ali Shamkhani, responsable des affaires logistiques et militaires au Ministère de la défense sous le règne de l’ancien Président Khatami.
- Il était connu pour son intégrité et devint même célèbre en mettant hors d’état de nuire un réseau de corruption établit entre les ministres en place et dirigé par un des commandants en chef du Guide Révolutionnaire, l’Ayatollah Khamenei.
- Il fut chargé d’acquérir des équipements nécessaires à l’utilisation des missiles balistiques Shehab 3.
- Les journaux turcs révélèrent qu’Ashgari est opposé au gouvernement iranien et possède une très bonne connaissances du dossier nucléaire.
Voici un extrait du mail rédigé par Nicholas Noe à l’encontre de Joshua Landis, co-directeur au Centre d’Etude sur la paix à l’Université d’Oklahoma[3] :
Josh -
I just wanted to send you some quick thoughts about the recent defection/disappearance of a high ranking Iranian general. The story is particularly pertinent I think vis a vis Hezbollah - if in fact this is a defection, it may represent the biggest intelligence coup for the US and Israel (by association) in the Party's history. Indeed, as has been well acknowledged by US and Israeli officials, penetration of Hezbollah since its inception has been largely unsuccessful. Although the Mossad (presumably) has been able to track and assassinate some Hezbollah officials over the years - and less so after the withdrawal in 2000 - this has mostly been around the edges - hence the IDF's utter inability to predict accurately Hezbollah rocket capabilities of any sort in 1993, 1996 and in the 2006 conflict (as a confirmation of this, one should note that although Israel confidently predicted that almost all of hezbollah's long range capabilities were hit in the first few days of the summer war (not to mention their wild overstatements on short range rockets), recently the intelligence community in Israel has been "leaking" that Hezbollah has replenished precisely these stocks - in other words, the "proof" of the earlier specious claim is no longer an issue since Hezbollah merely "resupplied"). In any event, the defection is absolutely critical because it means for the first time, Hezbollah's adversary's may have accurate estimates of stockpiles, weapons types, even perhaps placement and tactics - this is crucial because the limits and placement of Hezbollah weaponry has been a major problem each time during a Hezbollah-Israel conflict - all the more so if there is a future one, as some analysts, myself included, suspect may very well be the case. Here are some details Mideastwire has culled - more tonight from a translated piece from Asharq al Awsat. But as you can see the general was the IRGC liaison here in Lebanon prior to the 2000 withdrawal and, as a principle of the armaments industry going forward, would have detailed knowledge of Hezbollah capabilities even after he left Lebanon:
Sinon en Syrie, l’opposition commence à se faire entendre. Le chef en exil des Frères musulmans syriens a invité hier le président Bachar el-Assad à démissionner et à organiser des élections libres, sous peine de voir l’opposition lancer une campagne de désobéissance civile. « Sept ans de présidence suffisent pour que Bachar présente à présent sa démission, renonce au pouvoir et ouvre un espace pour que d’autres accèdent à la présidence à l’issue d’une véritable compétition, pas d’un référendum », a déclaré Ali Bayanouni, installé à Londres, dans une interview accordée à Reuters.
Bayanouni est l’un des fondateurs du Front de salut national, organisation créée en 2006 et rassemblant des partis laïcs, nationalistes, libéraux et kurdes partageant l’objectif d’un renversement d’Assad et de l’instauration de la démocratie en Syrie. L’ancien vice-président Abdel-Halim Khaddam, qui a pris ses distances avec le régime en 2005, participe à ce mouvement d’opposition.
« Les forces d’opposition s’apprêtent à exercer des pressions sur le régime, d’abord par des manifestations puis des actes de désobéissance civile », a poursuivi Bayanouni, « Il pourrait y avoir des protestations, le non-paiement des impôts et des manifestations. Ces mesures seront décidées en temps voulu lors de consultations au sein de la direction unifiée de l’opposition », a-t-il ajouté[4].
Rappelons que la Syrie à déjà connu une révolte islamique organisé par les Frères Musulmans en 1982 à Hama. Mais l’ancien président Hafez al-Assad, qui était sûrement un grand fan de Scarface, n’avait pas vraiment envie de négocier et a préféré envoyer l’armée de terre et de l’air raser toute la ville, causant ainsi la mort de 10 000 personnes.
[1] L’Orient le jour, mercredi 14 mars 2007
[2] Ynetnews, 11 mars 2007
[3]http://www.joshualandis.com/blog/
[4] L’Orient le Jour, Samedi 17 mars 2007
15:05 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.03.2007
PeaceMaker
A chaque fois que vous regardez les infos sur le proche orient, vous vous sentez inutile. Les israéliens ne pensent pas sur le long terme et les palestiniens ne maîtrisent pas leur propres structures internes. Vous aimerez intervenir mais à l’exception des commentaires outranciers sur Internet, vous n’avez pas réellement les moyens de mettre en pratique vos ambitions.
PeaceMaker est fait pour vous. Pour 20$, ce jeu offre la possibilité d’incarner le représentant de l’état hébreu ou bien de jouer le chef de l’autorité palestinienne. Le but est d’arriver à mettre en place un véritable plan de paix afin de gagner le prix nobel. Mais dans une situation en temps réel, avec les attentats suicides, les opérations de Tsahal, les autres partis politiques et les ingérences étrangères, il y beaucoup de chance pour conduire la région au désastre.
Bien que cynique à première vue, PeaceMaker propose au joueur de se confronter à la réalité du terrain diplomatique et l’emmène à réfléchir sur les véritables options pour une paix durable. A l’heure ou tout le monde aimerait passer chez Thierry Ardisson afin de dire trois mots sur le sujet et se faire applaudir, je trouve l’initiative plutôt sympathique. Je vais profiter de mon week end pour tester ce jeu et je vous ferai part de mes impression dans un prochain post. Si cela en vaut la peine, pourquoi ne pas lancer un concours entre internautes afin de définir le meilleur plan de paix possible ? Ce qui est sur, c’est que ça me changera des rôles de mafieux sanguinaires qui doivent reconstruire leur empire…
Pour plus d’info :
http://www.peacemakergame.com/
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Le pays des paradoxes
Je mets en lien le blog d’une journaliste iranienne, Azadeh Akbari, qui après avoir travaillé quatre ans au sein des quotidiens réformateurs, est aujourd’hui correspondante pour Associated Press ainsi que pour le journal japonais Mainich.
http://iranianjournalist.blogfa.com/
C’est une femme célibataire, indépendante et journaliste. Elle travaille sur des sujet sociaux, politiques et religieux mais traite également de la prostitution, la drogue ou encore l’homosexualité. C’est en lisant un livre d’Oriana Falacci, (une journaliste italienne qui ne ménagea pas ses mots envers la religion musulmane, en particulier vers la fin de sa carrière) qu’elle trouva sa vocation. Son premier texte se suffit à lui seul pour exprimer l’incroyable contradiction inhérente à la république islamique d’Iran :
“When I was born, Iran-Iraq war has reached the highest point. People were escaping from the cities and everywhere was unsafe. In the day I was born, Freedom Mountains in west of Iran obtained after long time of occupation by Iraqi forces, so my father gave me the name: "Azadeh" that means free woman. All my childhood spent in war and fear. Once there was a horrible raid in our neighborhood, I remember the fire flames, people crying and children shouting for their parents. Tomorrow morning some of my friends were in the heaven that was what my mother told me.
Since then, I tried to understand why people allow themselves to kill each other. Can't they do the ceasefire from the first moment, without any killing, without this much suffering and pain?
When I got 13, there was an old bookshop near the bus station I used to go for taking a bus to school. One day I saw a book titled "life, war and nothing else" written by Oriana Falachi, an Italian journalist. In that book she wanted to answer her little sister's question that what is life and she started to find the answer in Vietnam War, A very hard place to understand the truth that how villainous can be humankind. When I finished the book I was fascinated by the way she looked for the truth: journalism.
Since then I started my first step to become a journalist, 2 years later when I was only 15, I won the national press prize for the very young journalists and that was how I became a journalist.
By the time I started my professional job as a journalist, I was 19. On that time I was suffering from inequalities in the society like gender discrimination. I was young and full of energy but the society wanted to reduce my speed in any way. I felt that the whole society is ignoring the rights of children, women, old or disabled people. So I started to write about these things and little by little I was one of those few ones that they were writing about social problems in Iran . I won my second national press prize when I was 20. I tried to write about prostitution, addicts, homosexuals, child abuse, domestic violence, etc. I wanted to show the government that despite all their propaganda through governmental TV channels, lots of problems do exist in the society and we should think about them. I decided to get closer to people in trouble, so I worked for one year in very poor areas of the Capital, Tehran . I used to publish a magazine for street children that all the articles in that, were written by street children themselves. When I was working for them, I felt how they can express themselves and get free form all that pain they have to tolerate. I understood that my words in newspapers can help people who do not have any medium or they are not educated enough to show how problem full is their lives. I wrote a report on abortion operations in Iran . Abortion is illegal in Iran . I found out that every year there is more than 90,000 illegal abortions being done and lots of these poor mothers die because of very dirty underground operation rooms. My report helped to take people's attention to what they want to ignore despite its existence. I had lots of phone calls and emails from girls who had abortion and that was a sense of an impression that a journalist can have. I hope that one day if I can be more strong and educated to be more influential.
During presidential elections, 2005, associated press invited me to work with them. This opened another window to my professional life. I understood how different and higher the international standards for journalism are. I met lots of great journalists and I had wonderful experiences to work for them. I traveled so much and day by day I felt that there should be something more about journalism. I read some AP books about journalism but that was not enough. These books are very useful when you are in a developed country. But in Iran with a very complicated bureaucratic organizations and a government that does not feel any responsibility to answer the journalists, what should I do? This is the question I always have that in a country with undemocratic government, how should we adapt the international standards to local work? I would love to hear other people's experiences about how could they work professionally in their countries despite censorship and discrimination.
The other problem is that In Iran an average person reads less than 5 minutes a year. There are only 6 TV channels that all of them are led by the government. Reformist newspapers are under censorship. If we write a word against the government they close down the newspaper. Self-censorship is very common between journalists. In this case more educated journalists who have met the same under developed countries experiences can help to increase the status of professional journalism in Iran .
I experienced 3 close downs during my work. Our newspaper were closed down because we published some news about the subjects the government did not want people to be aware of. After being jobless again and again I always felt happiness and pain together. Pain of being this much under pressure because of your thoughts and happiness because of being influential that much to be closed down!
I sometimes hope for a day of liberation, to a day that we can write about important things and people can read it, too. For a day that my name, becomes true!
Pour continuer sur cette vision alternative de l’Iran, allez voir l’excellent reportage de Kevin Site, journaliste américain indépendant, spécialisé dans les zones à risques :
Iran Video Report
http://cosmos.bcst.yahoo.com/ver/218/popup/index.php?cl=2...
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