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31.03.2007
A JustBeMe CoffeeTime spécial "Otages Britanniques"
Rien ne vas plus, 15 otages britanniques ont été enlevés. On parle de guerre, on parle de paix. On veut calmer le jeu, mais on se la joue musclé. Que pense la presse de toute cette affaire ?
Du côté britannique, les journaux appellent plutôt le Foreign Office de Londres à garder l’option diplomatique. «Ce n’est pas le moment de brandir des menaces hasardeuses ou exagérées» déclare le quotidien Times du vendredi 30 mars. Cette crise «ne doit pas être utilisée comme un appel aux armes par des personnes qui auraient d'autres vues (c'est-à-dire les partisans d'une attaque armée contre l'Iran)», écrit Ali Ansari, directeur de l'Institut de recherche sur l'Iran, à l'université de Saint Andrews.
Les journalistes anglais, sont en grande majorité derrière les efforts de Londres pour obtenir la libération des quinze marins, mais n'oublient pas de préciser ce qu'ils jugent être les causes de cet enlèvement. Ali Ansari, dans le Times, rappelle le rôle d'allié que joue la Grande-Bretagne aux côtés des Etats-Unis et conclue : «La Grande-Bretagne est, bien sûr, une cible idéale» pour l'Iran.
Le Guardian, quotidien fermement opposé à la guerre en Irak depuis le début de l'intervention a en revanche des propos assez amers sur la politique étrangère britannique . Ronan Bennett, évoquant la diffusion d'images montrant les otages, titre vendredi 30 mars "Un outrage de façade". Il rappelle que l'une des otages, Faye Turney, a peut-être été forcée de porter le voile islamique, mais que ses ravisseurs ne l'ont pas obligée à se vêtir d'une combinaison orange, comme les détenus de Guantanamo. «On ne leur a pas attaché des électrodes aux parties génitales. Ils n'ont pas été attaqués par des chiens», poursuit l'éditorialiste, en une référence aux tortures perpétrées dans la prison irakienne d'Abou Ghraib.
En revanche, le site Internet du tabloïd Daily Mail recueille des commentaires plutôt agressive envers la république islamique. L'un des visiteurs affirme : «Si notre frégate s'était opposée à l'attaque des navires iraniens, il n'y aurait eu aucun problème. » Un autre écrit de Chicago (Etats-Unis) : «Une majorité d'entre vous en Europe critique les Etats-Unis pour leur politique agressive envers les terroristes. Vous noterez que l'Iran a choisi d'enlever des Britanniques et non des Américains. Je pense que vous comprenez pourquoi. Vous devez vous défendre, ou alors commencez à parler français comme votre voisin européen.»[1]
Du côté iranien, les bloggers se révèlent très critiques concernant les actions menées par leur gouvernement qui va selon eux ne faire qu’isoler encore plus la république islamique sur la scène internationale. «Cet incident va encore provoquer des gros titres négatif sur l’Iran», affirme Mr. Behi. «Je ne comprend rien à l’administration iranienne, qu’es ce qu’ils essayent de faire avec ces soldats ! J’espère sincèrement que cela ne provoquera pas une stupide réaction militaire». Il ajoute, que ce fleuve, le Chatt –Al-Arab situé entre l’Irak, l’Iran et le Koweït, constitue depuis longtemps une dispute territoriale[2]. C’était l’argument utilisé par Saddam Hussein dans les années 80 pour déclarer la guerre à Téhéran.
Une américaine qui vit à Téhéran avec son mari depuis quelques années a exprimé de vives critiques face à la position du gouvernement iranien dans cette affaire. «Aujourd’hui, je suis convaincu à 100% que les marins britanniques ne se trouvaient pas dans les eaux iraniennes. Je le dis car c’est la première fois que je vois l’occident, et particulièrement la Grande Bretagne montrer des preuves aussi rapidement et avec autant de détails. Habituellement, dans ce type d’affaire, personne ne montre de preuves»[3].
Pour Bernard Hourcade chercheur sur l’Iran au CNRS, il n’y a pas de réelle stratégie au niveau interne de la part du gouvernement. La plupart des iraniens sont en vacances en raison des fêtes religieuses célébrant la nouvelle année iranienne. «Pour ceux qui en Iran, sont hostile à une stratégie pacifique et à une négociation avec la communauté internationale, c’est un moyen de gagner du temps», explique-t-il. «Pendant que les otages sont pris, Tony Blair ne peut pas discuter avec les iraniens, et c’est donc du temps de gagné pour les gens qui travaillent à l’enrichissement de l’uranium.[4]». Des similitudes sont à faire avec la prise d’otage de l’ambassade américaine en 1979, puisque une éventuelle coopération entre le nouveau régime iranien et le gouvernement américain, fut brutalement mis de côté par l’œuvre d’une minorité à travers l’action effectuée contre les officiels américains à Téhéran. Là encore, en 2007, c’est une partie au sein du gouvernement qui pousse l’Iran à un point de non-retour.
La presse américaine d’ailleurs n’hésite pas à faire la connotation avec cette ancienne prise d’otage en nommant l’actuelle crise : «L’affaire des otages britanniques». Washington développe une attitude contradictoire car en dépit de déclaration très discrètes sur le sujet, les manœuvres militaires dans le Golfe persique n’ont jamais été aussi élevées depuis 2003.
Le Blogger irano-canadien Hossein s’est contenté de mettre les commentaires de visiteurs sur le site web de la BBC, qui se montrent en majorité critiques envers la politique étrangère britannique[5].
Enfin, concernant la presse israélienne. Le blog du Jérusalem Post diffuse les opinions de divers éditorialistes sur l’attitude «conciliante» du gouvernement britannique face à l’action de Téhéran. Les avis divergent mais ce qui ressort est l’influence très forte qu’exerce la couverture des médias par rapport à la communication de Londres:
Question #28
Are you surprised by the relatively low-key reaction to Iran's kidnapping of the British soldiers? How do you see this crisis unfolding? David Horovitz: The British plainly preferred to hope that they'd be able to sort this out quietly, behind-the-scenes. The British media and the families evidently felt the same.There was none of the Israeli-style media blitz at the homes of the relatives, no personal dramas and tears played out on the nightly news or in the daily papers.
But the assumption, or at least the hope, that common decency would quickly prevail, and that the 15 would be swiftly freed, has crashed headlong into the cynical ruthlessness of the Iranian regime.
It's a bitter lesson for the British about the some of the norms in our neighborhood. We'll see how this episode plays out, but plainly this Iranian leadership is on a determined collision course with the free world and its values, and the sooner the free world internalizes the extent of the threat, the better.
Editor's Notes: No happy ending
Calev Ben-David: The initial low-key reaction was not surprising, because this is how the UK reacted after a similar incident in 2004 when eight British sailors were taken prisoner by Iran, and only released after "confessing" that they had trespassed into Iranian waters.
What actually is surprising now are the growing signs this time that Prime Minister Tony Blair will take a tougher stance toward Teheran in the current crisis.
The releasing of evidence showing the sailors were in Iraqi waters when captured, the freezing of UK-Iran ties, and the hint by Blair of more aggressive actions if the sailors are not released soon, already push the current situation several layers beyond what happened three years ago.
The likely reason is that London correctly perceives that the Iranians are holding the sailors hostage as a tactic in its conflict with the international community over its nuclear program, and possibly as a bargaining chip for its intelligence agents arrested earlier on in Iraq.
More surprising - or not - is the way some of the international media have been covering this crisis. It's incredible that only on Wednesday did the International Herald-Tribune finally put the story on page one.
Several media outlets seem intent on downplaying this story, because perhaps because they are uncomfortable focusing on the increasingly extreme actions of Ahmadinijad's regime, as it doesn't jibe with an editorial outlook that rejects wholesale whatever policies the Blair and Bush administrations are taking in response to the threat of Islamic extremism in the region.
This is THE story right now in the region, certainly far more important than some of the recent maneuverings in the Israeli-Arab peace process.
Snap Judgment My day in court
Pour finir, le régime islamique vient de déclarer que les otages risques d’êtres jugés si jamais au cas où des preuves démontreront leurs culpabilités. Pour en savoir plus :
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1173879219228&...
[1] http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-890147,0.html
[2] http://mrbehi.blogs.com/
[3] http://viewfromiran.blogspot.com/
[4]http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0,32-890135,0.html
[5] http://hoder.com/weblog/
[6] http://blogcentral.jpost.com/view.php?cat_id=4&blog_id=61&blog_post_id=990
14:50 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Iran, Grande bretagne, otages britanniques, Irak



Commentaires
Une (re)lecture tout à fait intéressante de cette anicroche sur fond de hausse du pétrole et de centrifugeuses. C'est sur le blog www.thedino.org et l'article s'intitule "RECREATION"
Ecrit par : Ernest | 01.04.2007
Le père Blair doit être content. Ses enfants sont enfin revenus en terre anglaise.
Ecrit par : belaid | 08.04.2007
Hé oui, le père blair doit être content.
J'avoue que j'ai encore du mal à tirer des conclusions de cette histoire. Qui est vraiment le gagnant?
Puis le témoignage des otages "vendu aux enchères" apportent également des éléments de réflexion
Ecrit par : Julien | 11.04.2007
Les commentaires sont fermés.