« A JustBeMe break | Page d'accueil | Passage à l'université »
11.01.2007
Jérusalem
Il y a quelque chose de prenant à Jérusalem. Ce n’est pas le côté religieux, mais plutôt les marques et cicatrices laissées à travers son histoire. N’ayant pas de plan à mon arrivée, je me suis perdu du côté des hôtels de luxe dans la partie moderne de la ville, ce qui n’a pas manqué de jouer sur un jugement hâtif (Genre : «Ha bravo la spiritualité les mecs !). Cependant, une fois dans la vieille ville, la passion de Jérusalem prend tout son sens. C’est vrai, les communautés vivent ensemble. Les chrétiens orthodoxes et les musulmans au nord, les arméniens et les juifs au sud, mais il ne faut pas rêver, ils se côtoient, se parlent parfois, mais ne se fréquentent pas.
Malgré tout, on assiste à des scènes sympathiques, ce rabbin qui faisait ses courses dans la partie arabe de la ville, ou ce petit vieillard portant le keffieh jordanien marcher côte à côte d’un groupe de prêtres orthodoxes, ou encore, et c’est ce qui est le plus ironique vu la situation, voir les vendeurs arabes proposer des T shirts «Free Palestine» à côté de T shirts glorifiant Tsahal. Les affaires sont les affaires après tout.
Mais le plus beau, ce qui donne à Jérusalem toute sa splendeur, c’est de se retrouver devant le mur des lamentations au coucher du soleil et entendre l’appel du Muezzin résonner de l’esplanade des mosquées. C’est ce que j’appelle un moment JustBeMe.
Je devais justement me rendre au mur pour y glisser quelques mots (exercice assez particulier, car ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’écrire à Dieu). Je traverse le portail de sécurité où on me demande si je parle arabe et une fois devant le mur, un «gang de rabbins» me saute dessus pour me proposer fils rouges et Tefillins. Je les arrête tout de suite en expliquant que je ne suis pas vraiment juif, vu que ma mère ne l’est pas et ils me répondent en chœur : «Ha d’accord ! Dans ce cas, va au mur faire une prière pour ton père». J’avais envie de leur demander si les autres membres de ma famille pouvaient aller se faire voir, mais étant sur un lieu sacré, j’ai préféré me taire.
Un petit peu vexé par cet épisode, je décide de me changer les idées en consultant des livres sur le pays et malheureusement pour moi, je tombe sur «Why Jewish must marry Jewish». Un livre qui explique que même dans nôtre époque moderne, les enfants issus d’un mariage mixte risquent d’être instables et de ne pas réussir leur vie. Je commence à en avoir marre et je rentre à l’hôtel. Le lendemain, des jeunes palestiniens me prendront pour un agent du mossad. En fait, je ne crois pas pouvoir m’intégrer à Jérusalem.
11:55 Publié dans Carnet de voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Les commentaires sont fermés.