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05.01.2007

Prendre le bus en Israel

medium_Tsahal.4.jpgComme j’avais flâné un petit peu à Tel-Aviv la journée et qu’il fallait que je sois à Eilat (situé de l’autre côté du pays)  le lendemain pour la seconde partie du mariage, je devais prendre un bus de nuit.  La station centrale étant située au neuvième étage d’un centre commercial, et ayant quelques heures devant moi, j’en profite pour m’offrir un petit Mcdonald. Je remarque que la personne devant moi, habillé en civil style « Célio » et qui commande le menu numéro 4, tiens un M-16 dans sa main. Autours de moi, des tas de jeunes recrus de Tsahal attendent le bus, prêtes a rejoindre leurs bases.

 

On recueille beaucoup d’informations en attendant dans un aéroport, toutefois il n’y a rien de mieux que de prendre le pouls d’une société à travers l’utilisation des transports en communs. Prendre un autocar en Israël, c’est un peu comme prendre l’avion. On fouille nos affaires, on nous fouille, on passe à travers un portail électronique, et des militaires vérifient le bus. Malgré ces mesures de sécurités, on reste relativement calme. D’une part on connaît la situation géopolitique et stratégique de l’état hébreu, mais on sait qu'aujourd'hui les risques d’attentats sont une réalité pour tous. C’est arrivé à Madrid, à Londres à New York, mais également à Casablanca, à Riad, à Bali, à Amman. Dans un village global où les frontières sont abolies, on vit et on est touché par ce qui se passe chez le voisin. Israël, c’est un peu une vision sombre mais symptomatique de notre avenir. L’armée est omniprésente, la sécurité tout autant, mais l’économie tourne, les gens consomment, travaillent et vivent. L’être humain s’adapte à toute situation après tout.

 

Même avec la plus grande ouverture d’esprit, le thème d’Israël comme «terre des juifs» doit susciter un nombre considérable de clichés et d’images sur la population de ce pays. Moi même je mentirai si je disais ne pas avoir été étonné, voir impressionné, face au Melting-pot, à la mixité présente tant chez les civils que chez les militaires. Black, blanc, latino, hindou, maghrébin, asiatique : on se croirait à New York sauf que tout est écrit en hébreu. En dépit des tensions communautaires (car il y en a ici aussi), la défense du pays et l’unité religieuse propose une sorte de « rêve américain » réussi. Le Jerusalem Post de cette semaine est révélateur de ce mélange puisque selon lui, sur les 21000 immigrants arrivés en 2006, 7300  viennent de la Russie, 1450 d’Amérique du Sud, 3600 d’Ethiopie et 20 juifs de la tribu des Bnei Menaché sont venus d’Inde cette année[1].

 

Enfin après cette réflexion, (et après avoir bu un café bien dégueulasse) je dois monter dans le car. Il est minuit et j’arriverai à Eilat à 5h du matin. Tous ceux qui ont déjà pris un bus la nuit savent comme on dort bien. Je risque d’être très frais pour le mariage.

           



[1][1]Jerusalem Post Edition française, n°823, du 2 au 8 janvier 2007

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