« Happy New Year Tel Aviv!! | Page d'accueil | A JustBeMe Moment »
02.01.2007
Abou Mazen, la mafia et la Syrie
Bon je ne vais pas mentir, j’ai eu quelques frayeurs le premier jour. Le problème est je rencontrais que des français. Normal, vous me direz, je suis la pour un mariage tout comme les amis français et la famille française de ma cousine. Mais c’était plus fort que moi, je ne voulais pas être au Moyen Orient pour être enfermé dans un cocon. Ce serait comme aller flamber sur son pouvoir d’achat avec des franco-tunisiens l’été à Sousse : on ne voyage pas vraiment.
Cependant ma crainte n’était qu’un leurre. En rentrant de ma soirée du nouvel an, Yoav Aharon, le chauffeur de taxi yéménite se lâche un peu. Pour lui le mur de sécurité ne changera rien à la situation, «il y aura une très grosse guerre à moment ou un autre», précise t’il. Rien de bien étonnant lorsqu’on sait qu’Israël à connu dix guerre en moins de soixante ans. «Nous on veut que la paix avec les palestiniens, qu’ils reprennent leurs territoires et qu’ils nous laissent tranquille, c’est un peu comme quand tu te sépare de ta femme tu vois, tu veux qu’elle prenne tes sous et qu’elle te lâche». En parlant du problème que suscite le hamas, je lui demande ce qu’il pense de Mahmoud Abbas, représentant du camp adverse le Fatah, et président de l’Autorité Palestinienne. «C’est quelqu’un de bien. On a rien contre Abou Mazen, le soucis est qu’il ne gouverne pas le parlement, c’est le Hamas !» Mahmoud Abbas a good guy ? je savais qu’il était plus considéré qu’Arafat, mais je n’aurait pas imaginé ce terme. J’ai posé la questions à d’autre israéliens qui m’ont également répondu en ce sens.
Le lendemain, je suis à la première soirée du mariage où selon la coutume tunisienne, les deux époux passent de l’henné sur leurs mains. Comme ma grand-mère commençait à me traiter d’alcoolo parce que je buvais du champagne au lieu de danser et taper des mains comme tout le monde. Je suis allé prendre l’air pour parler avec le responsable de la sécurité. Chrétien originaire d’Ouzbékistan, ce dernier me raconte que son pays est devenu une grande anarchie où la corruption et les attentats kamikazes sont légions en raison d’un président trop vieillissant. Arrivée en Israël en 2001, il a l’air d’être plutôt bien intégré ici. "Il y a toujours du boulot en Israël", m'affirme-t-il. Je me la raconte grave en lui disant que je connais des mafieux au Kazakhstan. Il rétorque qu’il y a beaucoup de mafieux en Israël aussi. D’après lui on en distingue trois type : les russes, les israélites et les arabes israélien. Il précise que c’est la troisième catégorie qui fournissent les explosifs aux kamikazes palestiniens et il ajoute que les parlementaires arabes de la Knesset qui ont des liens avec cette mafia ont exercé leurs influences pour stopper ce trafic et pour éviter un trop gros scandale.
Je me souviens d’avoir vu un citoyen israélien aider un kamikaze dans le film Palestinien «Paradise Now» de Hany Abu-Assad. Cependant il n’y avait aucune information sur l’origine de cet intermédiaire. Le thème est intéressant car il évoque le lien entre terrorisme à obédience idéologique et groupe strictement criminel. J’en ai un peu parlé autour de moi, mais il n’y avait aucun débat sur cette relation Mafia-Knesset. Il est clair que cette source ne peut être 100% fiable mais je sais aussi que l’agent de sécurité Ouzbek n’a pas voulu me donner son nom et prénom. Il m’a demandé le nom du blog, je n’ai pas osé lui dire « JustBeMe », il m’a donné son adresse mail, je lui enverrai ça plus tard.
Je retourne au mariage et c’est l’heure de dîner, je parle avec mes voisins que je ne connais pas et je découvre que l’un deux est un soldat de Tsahal qui termine son engagement dans un mois. En quasiment trois ans de service, Yoel Schemla a connu de près ce qui fait l’actualité brûlante de ces derniers mois, il a combattu au Liban en juillet et reste encore perplexe quant aux ordres de ses supérieurs «on rentrait au Liban, puis on ressortait, des soldats meurent, on revient en arrière, on y retourne, on reperd des soldats alors on revient. On aurait du y aller une fois pour toute» lance-t-il. Mais pour Yoel, le plus dur a été le retrait des colonies de Goush Katif «Sur le coup, tu ne comprends pas ce qui se passe. Lui, il est juif comme moi et je dois le faire partir de chez lui. Mais on devait obéir aux ordres, c’est tout». Il me sort une info assez brûlante sur un éventuel conflit. D’après lui l’Iran ne représente pas une grande menace car ses supérieurs préparent les jeunes recrus à un conflit frontal avec la Syrie. Pas un conflit asymétrique comme on pu voir avec le Hezbollah, mais bien une guerre conventionnelle. Il me laisse son numéro. «Viens à Ramallah dans ma base si tu veux, il y a toujours des journalistes qui nous prennent en photo» me propose t’il. «Mais tu ne verras pas grand chose, à part des arabes», a-t-il ajouté.
18:35 Publié dans Carnet de voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Les commentaires sont fermés.